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Communiqué de Presse des VERTS du 21 mai 2009



En rendant visite dans la vallée de la Bruche le 19 mai, le chef de l’Etat a traversé  un patrimoine forestier exceptionnel. Mais 90 minutes de promenade express  ne lui ont pas permis de rencontrer les pionniers de la forêt et de la filière bois en Alsace- Moselle : débardeurs, bûcherons, scieurs, gardes forestiers, chasseurs,  propriétaires publics et privés de bois et forêts, amis de la nature, peintres et poètes. Ils lui auraient tous dit  d’une voie forte, souvent  en alsacien, la langue régionale de leurs ancêtres, « ufgepasst : fais gaffe à ma forêt »


La balance commerciale du bois en France est déficitaire. Pour cause, il n’y a plus de politique forestière en France, il n’y en a jamais eu en Europe. Les intérêts des grands groupes de l’industrie forestière multinationale dont ceux issus de la « France-Afrique » s’y sont toujours opposés. Il ne  faut  pas déranger le fructueux commerce illégal des bois tropicaux où la France est passée maître. Et cela en utilisant comme paravent écologique à peu de frais  la gestion forestière durable et sa certification.  Le Grenelle de l’Environnement en est l’artifice le plus récent et le plus décevant pour tous ceux qui aiment la forêt de notre pays,  patrimoine national de renommée mondiale : 10,7Mha dont 6Mha dans les départements d‘outre mer.


Tout comme dans le domaine de l’ « agrobusiness » auquel les gouvernements français, gauche et droite confondus, s’échinent depuis des décennies à associer la question de la forêt et du bois dans notre pays. L’Europe a bon dos, quand le « rosé de Provence coupé » est une invention du lobby vigneron français qui veut écouler en Europe son stock de vin rouge médiocre avec sa surproduction de vin blanc du Chili ».


Même chose pour le bois où le « club du bois » au Parlement Européen vient de reconnaître le 22 avril dernier à Strasbourg l’échec de 5 ans de promotion de cet éco-matériau  sous la majorité sortante  et la commission Barroso. Cela doit changer et le 7 juin  il faut choisir la liste Europe-Ecologie. Pour une Europe de la forêt et du bois ancrée dans l’harmonie entre économie et écologie.


La certification forestière, tant prônée par divers acteurs du monde de la forêt et du bois, n’est de ce point vue rien d’autre que de l‘esbroufe. Un leurre auquel les ONG ont mordu et qui en sont aujourd’hui  pour leurs frais. Dans un Etat de droit, seule une législation forestière forte est en capacité de porter le long terme qui s’attache aux actions forestières : contrôle des défrichements, coupe du bois et sa commercialisation, sylviculture proche de la nature, maintien de la biodiversité en forêt, accueil du public pour les loisirs en plein air (200 millions de visites dans les forêts  françaises  chaque année). Le tout assorti du renforcement de la fiscalité écologique amorcée dans notre pays avec succès en 1959 (amendement Monichon) au bénéfice d’un secteur économique important : 500 000 emplois générés dans la filière bois dont une grande partie en forêt privée.


Cette administration forestière des territoires ruraux et urbains tels ceux de la forêt méditerranéenne doit être fondée sur une démocratie vivante avec l’aide d’acteurs professionnels bien formés et dotée de moyens suffisants. Et respectueux de la petite et très nombreuse propriété privée  forestière, garante aujourd’hui  du maintien de la biodiversité dans notre patrimoine forestier et de la qualité de ses paysages. De ce point de vue, les 600M€ accordés généreusement à quelques gros propriétaires forestiers landais pour réparer artificiellement les dégâts de la tempête Klauss de janvier 2009 sont plus un cadeau empoisonné qu’une véritable incitation à pratiquer enfin une sylviculture proche de la Nature dans le plus grand massif forestier d’Europe.

 
L’Office National des Forêts (ONF), la Caisse des Dépôts et Consignations n’ont pas à s’approprier ces territoires au nom d’une prétendue lutte contre l’effet de serre par une exploitation forestière forcenée et des reboisements aléatoires et coûteux.  Alors  que les scientifiques forestiers du monde entier se sont accordés à New York en avril 2009, à reconnaître que l’emballement du réchauffement climatique fait de la forêt   plus une source de CO2 qu’une pompe à carbone comme l’a prétendu le chef de l’Etat  le 19 mai 2009. De même les chiffres annoncés à Urmatt sur le prélèvement insuffisant de la matière ligneuse dans la forêt française (60%) sont erronés. Il est clair que tout cela vise simplement a pousser l’ONF à prélever plus de bois dans la forêt domaniale  (1,8Mha), ce qui est une faute impardonnable lorsqu’on se réclame de l’Ecole forestière française.


Le recours à des procédures  informelles comme  le Grenelle de l’Environnement a totalement occulté l’entreprise de démolition du service public des Eaux et Forêts  à l’origine de notre patrimoine forestier national. Bien avant la calamiteuse réforme générale des politiques publiques (RGPP) menée en ce moment  par le Gouvernement Fillon, la déstructuration de l’ONF, démarrée sous la Gauche,  détruit ce qui fait depuis plusieurs siècles le socle de l’action publique en France  pour la forêt et le bois.

Les Verts demandent d’arrêter ce massacre.

A quelques semaines du sommet de Copenhague, rendez-vous de la dernière  chance pour engager vraiment la lutte contre le réchauffement climatique et où la question forestière sera un sujet central. Et à la veille du XIIIème Congrès Forestier Mondial en Argentine, rendez-vous international incontournable que la France a initié au début du XXième siècle depuis la forêt de Fontainebleau.
Il faut envoyer au monde un signal fort pour que la forêt et le bois soient source de vie. Par exemple en rétablissant sérieusement l’appareil universitaire de formation supérieure et de  recherche sur la forêt et le bois à partir de l’Alsace et la Lorraine qui en sont les dépositaires depuis 1824. Et dont le gouvernement actuel continue de vouloir le transporter sur le Plateau de Saclay en région parisienne, au mépris de tout ce qu’il représente depuis 150 ans dans le rayonnement de la France au plan mondial dans le domaine des Eaux et Forêts.




Tag(s) : #Agriculture

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