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A bord d’une péniche, Cohn-Bendit, Joly, Duflot et Bové ont embarqué ce jeudi pour un débat-croisière sur la Seine, avec une centaine de jeunes européens. L’occasion de présenter leur programme et d’afficher l’unité de l’équipage.



Un bail qu’ils ne se demandent plus ce que, diable, ils sont allés faire dans cette galère. Alors qu’ Europe Ecologie tient bon la barre dans les sondages, qui créditent l’arc allant de José Bové aux amis de Nicolas Hulot en passant par les Verts, de 10-12% des intentions de vote, c’est à bord d’une péniche qu’ont embarqué, ce jeudi, quelques uns de ses représentants.


Une mini-croisière parisienne, de Bastille au pont des Arts, pour débattre avec une centaine de jeunes européens, filer la métaphore maritime («Non, les écolos ne vous mènent pas en bateau», «on sait nager et on ne craint pas les vagues») et montrer que les soudures d’Europe Ecologie tiennent le choc de la campagne.


Assis autour de tables de bistrots, à l’avant de la péniche,  le tandem de la liste d’Ile-de-France, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, et José Bové, tête de liste dans le Sud-ouest déclinent le refrain européen avec, chacun, son propre couplet.


«Les paysans, plus vieux praticiens de l’Europe»


En représentant des «plus vieux praticiens de l’Europe, les paysans», Bové avance que la «paix en Europe s’est concrétisée par la politique agricole commune» et appelle à «maintenir des paysans nombreux sur l’ensemble du territoire» de l’UE ainsi qu’à «réconcilier agriculture et environnement» via l’agriculture bio.

L’altermondialiste s’emporte contre la volonté «personnelle» du président de la Commission, José Manuel Barroso, de prendre à rebrousse-poil «la majorité des Etats-membres qui soutiennent les moratoires sur les OGM».


L’ex-juge d’instruction, Eva Joly, qui confie son «rêve d’une Europe plus juste, à l’intérieur des pays et entre le Nord et le Sud», réaffirme son intention d’en finir avec les paradis fiscaux et de forcer les multinationales à jouer la transparence sur «les pays dans lesquels elle paient des impôts». Et de replacer «au centre, la santé des citoyens et pas les profits des multinationales».


«Une culture du dédain du député européen»


Embrayant sur le lyrique «rêve européen» de Cohn-Bendit, Duflot évoque la Bruxelles technique, voire «technocratique, devenue symbole pour de nombreux Français de politiques déconnectées de la réalité». La numéro un des Verts s’en prend, au passage, au peu de considération des autres partis pour le poste d’eurodéputé: «Il y a une culture du dédain autour du travail du parlementaire européen. Regardez cette tolérance invraisemblable à l’égard de Rachida Dati qui voit comme une punition» d’aller siéger au Parlement.


Au fil de la Seine et du jeu de questions-réponses avec la salle, les candidats égrènent leur programme: bouclier social européen, comité d’entreprise européen, Bruxelles de l’emploi, revenu minimum d’existence pour les jeunes, création d’une communauté européenne des énergies renouvelables, remplacement du pacte de stabilité et de croissance par un pacte de coopération écologique et solidaire.


«Rêve du Bosphore»


Décidément porté par les eaux, Cohn-Bendit, appelant au «rêve du Bosphore», s’emballe sur le dossier turc, qui ressurgit dans la campagne alors que l’adhésion de la Turquie à l’UE «ne se décidera pas avant dix ans»: d’ici là, «Sarkozy sera président d’Areva et vendra des centrales nucléaires mais il ne sera plus président de la République», a ironisé l’eurodéputé accusant l’UMP «de parler de la Turquie de telle manière qu’elle mobilise des affects intolérables parce qu’intolérants».


Entre séance photos et buffet bio, le co-président du groupe Verts au Parlement européen qui s’est fixé un score de «10+X»%, met le cap sur l’après 7-juin. Son premier défi: couler Barroso, candidat à sa succession à la tête de la commission européenne. «Rassembler une majorité pour lui refuser l’investiture, c’est faisable», espère-t-il, assurant qu’«ensuite apparaîtront des candidats alternatifs».


Mais, en France, quid de l’équipage écolo, après le scrutin? Là, Cohn-Bendit, engagé, promet-il dans sa dernière campagne «en tant que candidat», reconnaît que l'arc écolo va naviguer à vue.


«Il faudra allier la dynamique du rassemblement, les logiques des Verts et des signataires d’Europe écologie qui ne sont pas tous prêts à s’encarter, pose-t-il. Il y a quelque chose à inventer qui ne se décidera pas d’un coup».


Jugeant qu’il a «une crédibilité sur l’Europe» mais pas forcément «sur la réorganisation de l’écologie politique», Cohn-Bendit, qui avait joué les entremetteurs entre les composantes écologistes l'été dernier, devrait en tous cas laisser le gouvernail. «Je peux accompagner, participer mais, après le 7 juin, je ne pourrai pas jouer le même rôle qu’avant», anticipe la tête de liste, misant sur l’émergence de nouveaux matelots pour «continuer l’aventure» via un éventuel «France Ecologie».



www.liberation.fr le 28 mai 2009 par Laure Equy

Europe Ecologie «sait nager et ne craint pas les vagues»
Tag(s) : #Elections européennes 2009

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