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Selon l'article de Stéphane Allies, paru le 8 juin dans Médiapart, les élus d'Europe Écologie et leur entourage, commencent à réfléchir aux régionales de 2010.


 

C'est vrai qu'il n'est pas trop tôt pour se positionner en vue de cette échéance. Mais attention au danger de se limiter aux jeux tactiques électoraux, aux alliances et combinaisons qui permettent parfois d'avoir des élus mais dans lesquelles les idées se dissolvent.

 

 


Il faut, effectivement, que la dynamique d'EE soit présente lors de toutes les prochaines élections d'une part pour pouvoir s'appuyer sur un réseau d'élus actifs à tous les échelons de la collectivité, mais aussi et surtout pour poursuivre et approfondir une réflexion citoyenne aussi large que possible à travers des débats ouverts utilisant tous les moyens de rencontres pour faire vivre ces débats. Les campagnes électorales doivent d'abord viser cet objectif. C'est bien ce qui a fait la force de EE dans la campagne des européennes.

 

 

Les élus doivent jouer pleinement leur rôle dans les assemblées où ils siègent ; mais leur rôle est aussi d'animer ces débats qui ne doivent pas se limiter à traiter de questions immédiates, certes importantes en ce qu'elles demandent des réponses concrètes ; ils doivent aussi et peut-être surtout situer ces questions dans leur contexte élargi pour faire évoluer les façons de voir les réalités, aider les citoyens à sortir des vieux paradigmes dans lesquels ils sont si souvent enfermés.

 

 


Pierre Mendès France disait, à juste titre, que les politiques doivent être d'abord des pédagogues qui « accompagnent les citoyens », des éducateurs qui « conduisent » la réflexion démocratique et aident à l'éclairer. Plus que jamais, la gravité des problèmes auxquels se heurte l'humanité à tous ses niveaux ne peuvent être résolus par des « dirigeants omniscients et omnipotents » mais par les actions concertées du plus grand nombre possibles de citoyens : la démocratie est devenue une exigence et plus seulement un rêve. Elle ne se limite pas à une forme d'institution, elle n'existe que par les démocrates qui la font vivre. Or on ne naît pas démocrate, on le devient par l'éducation qui ne peut être que permanente.

 



C'est une tâche écrasante pour ceux qui ont été élus, bien sûr, à mille lieux de la représentation que s'en font certains, des honneurs, des inaugurations et autres présidences locales symboliques, de la fréquentation des palais nationaux (les fameux « ors de la République », petits ou grands...), mais je ne vois pas d'autres moyens de concevoir honnêtement son rôle d'élu.


 

Reste la question importante posée par plusieurs responsables de EE : celle de la forme que doit prendre le mouvement ; parti politique ? ou réseau dépassant le cadre traditionnel des partis ?

 


J'ai vu que deux proches de la Fondation Hulot, Pascal Durand et Jean-Paul Besset, penchaient plutôt pour la seconde formule ; le premier lorsqu'il s'interroge : « sur la forme parti, car notre organisation en réseau s'est montrée pertinente, permettant les engagements de chacun, associatifs, Verts, simples militants de l'écologie. On a senti une forte attente dans tous les meetings, pour qu'on continue à parler ensemble et qu'on apporte du fond aux discours » tandis que le second précisait : « Nous voulons construire des majorités d'idées autour de nous, polléniser la vie politique et pas faire partie d'une des six ou sept familles. ».

 

 


Je crois, en effet, que si EE se constituait en parti, il se fermerait automatiquement aux associations, mouvements et personnes qui se sont reconnus dans sa charte et son appel. Que les Verts continuent à former son pivot institutionnel comme parti, oui, mais que EE reste un simple rassemblement pour continuer d'attirer, dans un vaste réseau, les militants de ce que l'on appelle « la société civile ». Le réseau, polycentrique par nature (filet, net) est sans doute la structure sociale d'avenir. Chacun y est à la fois émetteur et récepteur, c'est-à-dire s'exprime et écoute. Ce sont là les deux exigences inséparables qui seules permettent l'émergence d'une intelligence collective. Sur le plan politique, celle-ci permettra à des majorités d'idées de se constituer pour peser sur les événements et conduire ainsi à la métamorphose (Edgar Morin). Alors on pourra espérer faire émerger un autre monde, c'est-à-dire sortir par le haut de la crise de civilisation dans laquelle l'humanité est entrée.

 


www.mediapart.fr- 09 Juin 2009 Par Georges HERVE

Tag(s) : #Elections européennes 2009

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