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En avril 2007, Monsanto a déposé devant la Commission européenne une demande de renouvellement d'autorisation pour tous usages pour son maïs transgénique MON810. La procédure d'instruction en cours pourrait s'achever favorablement d'ici mi-juillet 2009. Ce qui aurait immédiatement pour effet de rendre caduque les six clauses de sauvegarde déposées à l'encontre de ce maïs par l'Autriche, la Grèce, la Hongrie, la France, le Luxembourg et l'Allemagne.


Et pourtant, personne n'est aujourd'hui capable de répondre à cette question de base : selon les données du dossier présenté par Monsanto, est-il possible d'écarter l'hypothèse de la toxicité du maïs OGM MON810 et si oui, à quel risque statistique ?

 

 


Les députés européens Monica Frassoni et Luca Romagnoli ont posé cette question par écrit les 6 et 7 mai dernier à la Commission européenne, mais n'ont pas reçu de réponse à ce jour. Pas plus que le GIET (Groupe International d'Études Transdisciplinaires) qui a directement interrogé le président Barroso... en juin 2008 !

 

 


Aussi, pour pousser la Commission européenne à se poser les bonnes questions, une action européenne est lancée, à laquelle les associations et les particuliers sont invités à se joindre. Pour cela, il suffit d'écrire au Commissaire Dimas en vous inspirant de la lettre type (téléchargeable ici) pour l'interroger sur la toxicité du maïs MON810.

 

 


Pour bien comprendre cette action, il faut rappeler que les tests de toxicité subchronique consistent à comparer deux groupes de rat alimentés pendant 90 jours, l'un à l'aide de maïs MON810, l'autre (le groupe témoin) à l'aide d'un maïs équivalent non OGM. Différents paramètres sont mesurés pour chaque individu de chaque groupe (poids, glycémie etc.). Des tests statistiques sont alors pratiqués pour comparer les moyennes de chaque valeur obtenue entre les deux groupes, afin de vérifier si l'hypothèse initiale est vérifiée ou non.

 

 


Or, dans le cas du maïs MON810, l'hypothèse de départ est que les deux groupes sont identiques. Ainsi, si les tests statistiques ne montrent pas de différence significative entre les deux groupes, on conclut qu'on ne met pas en évidence de différence entre les groupes, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas. Seule l'hypothèse inverse (les deux groupes sont différents) permettrait d'écarter le toxicité du maïs MON810, au risque statistique près.

 

 


De plus, l'avis du Comité de Préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM (CPHA) en date du 9 janvier 2008 indique que les protocoles utilisés pour le MON810 ont une puissance insuffisante pour détecter des différences, même importantes.

 

 


En l'état des informations disponibles, il apparaît donc que les tests de toxicité subchronique pratiqués sur le maïs MON810 sont doublement incapables d'en établir l'innocuité. À moins bien sûr que la Commission européenne et l'Agence Européenne de Sécurité des Aliments soient en capacité, en fonction des données dont elles disposent, d'écarter la toxicité de cet OGM, de manière statistiquement significative. C'est l'objet du courrier que nous vous invitons à relayer. Pour assurer le suivi de l'opération, merci également d'en envoyer une copie au GIET (petition@giet-info.org) en donnant le nom et le pays du signataire.


www.fne.asso.fr

Tag(s) : #Agriculture

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