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Les jeunes pousses d'Europe Ecologie rêvent de remplacer le Parti socialiste pâlissant. Déni de défaite contre rêve éveillé. C'est le match qui se joue à gauche entre un PS qui continue à croire que ses revers électoraux ne sont que des accidents et des écolos persuadés d'"être la gauche du 21e siècle", selon l'expression de Jean-Vincent Placé, numéro deux des Verts. "Après le congrès d'Epinay, observe-t-il, le PS avec Mitterrand est passé devant le PC, c'était le sens de l'Histoire. Aujourd'hui, l'écologie politique a vocation à être l'idée dominante à gauche."


Et si les Verts passaient durablement devant le PS, dans les urnes ?


La vague verte est-elle durable? Oui, répond la nouvelle génération écolo à qui Dany Cohn-Bendit veut passer le témoin. Stéphane Sitbon est le plus jeune et peut-être le plus brillant d'entre eux. Il n'a que 21 ans, est en quatrième année de Sciences po et dit "ne pas faire de la politique pour le bifteck mais pour se faire plaisir".


Les socialistes ne l'ont jamais fait rêver, qui avaient renoncé à "changer la vie" en adoptant la rigueur en 1983, quatre ans avant sa naissance ! "Le PS déçoit depuis vingt ans parce qu'il est confronté à l'épuisement de son logiciel. L'écologie politique ramène la gauche à ses fondements, à ses rêves : qu'est-ce que s'émanciper, se libérer, redonner de l'espoir ? 


La vieille gauche, on ne la changera que de l'extérieur, par le rapport de force", assène-t-il.


 
Est-on au moment de ce "basculement historique" comme le prédit la patronne des Verts, Cécile Duflot, celui où les jeunes Verts peuvent dépasser le vieux PS ?



Ce dernier, visiblement, n'y croit pas. "On ne va pas courir derrière les Verts, a lancé Martine Aubry devant ses députés. On ne va pas se mettre à parler du bio ou des radis."




Ce "mépris" des socialistes pour les jeunes pousses vertes, cette croyance qu'ils rentreront très vite au bercail de la "maison commune de la gauche", Cécile Duflot n'en peut plus. Les leaders du PS la prennent de haut, Martine Aubry ne l'a jamais rencontrée, tout juste l'a-t-elle appelée le lendemain des 16% d'Europe Ecologie. Du haut de ses 34 ans, Duflot a une recette: "Il faut retrouver l'envie. La sincérité en politique ça fonctionne, les gens en ont marre des types en costard-cravate qui disent le contraire de ce qu'ils pensent."



A regarder la nouvelle génération verte, on se dit que le PS a du souci à se faire. Ces jeunes écolos sont à l'image de Karima Delli, députée européenne surprise, icône des nouveaux mouvements comme Jeudi-Noir ou Sauvons les riches. "Ils sont dans une stratégie de dérangement, ils inventent un nouvel objet politique", veut croire Noël Mamère. "Ils sont marqués par l'urgence, c'est dans leur identité, ils ont un devoir d'efficacité. Contre le réchauffement du climat, on doit agir vite, peu importe si ça réchauffe aussi Sarko", décrypte leur parrain en politique, Dany Cohn-Bendit, qui a été reçu avec Duflot par le chef de l'Etat.



Du coup, ces jeunes ne veulent plus des replâtrages version PS. Ils veulent aller aux régionales sur des listes qui ressembleront à Europe Ecologie, et à eux-mêmes: autonomes, ouvertes, mixant des Verts et des associatifs, des écolos et des chômeurs, des syndicalistes, et des combattants de la société civile.



Les jeunes Verts n'imaginent même pas que le PS puisse retrouver la société: "La seule réponse des socialistes aux élections européennes, c'est les primaires : c'est léger, non ?" s'étonne Dan Lert, 34 ans, leader d'Europe Écologie et pilier de La Générale, l'ex plus gros squat artistique de Paris. De quoi animer la prochaine fête des écolos, le 4 juillet

Par Cécile AMAR - Le Journal du Dimanche

Tag(s) : #actualités nationales

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