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Noël Mamère, député maire de Bègles, assure que le vote du 7 juin ne sera pas sans lendemain et ne dit pas non à une candidature en Aquitaine avec Europe Écologie.


« Sud Ouest ».Abstention massive, crise de la gauche... Pour beaucoup d'analystes, le vote du 7 juin en faveur des listes d'Europe Écologie est un vote sans lendemain.


Noël Mamère. Je suis certain du contraire. Les premières études que nous avons pu faire laissent apparaître des facteurs nouveaux comme le vote d'ouvriers et de personnes âgées qui se sont déplacées en faveur de nos candidats. Autre élément, huit électeurs sur dix se déclarent prêts à recommencer. Beaucoup d'entre eux viennent du PS mais ils ne l'ont pas fait par dépit. Ils cherchent une expression politique nouvelle.


Vous avez quand même été très surpris par ce résultat.

Je ne peux pas le cacher. Nous sommes partis d'assez bas, mais notre audience a crû régulièrement dans les sondages. Un palier a été franchi quand nous avons dépassé le Modem. À 15 % d'intentions de vote, je pensais que nous allions redescendre le jour du scrutin. C'est l'inverse qui s'est produit, preuve qu'il ne s'agit pas d'un feu de paille.


Quels éléments politiques sont à l'origine de ce score ?

La crise et ses effets ont été l'accélérateur de notre victoire. Nous avons renouvelé l'offre politique et remis les valeurs de partage, de tolérance et de redistribution au patrimoine de la gauche. L'écologie politique dans ses dimensions politiques et sociales est une réponse à la crise. C'est une nouvelle voie que beaucoup d'électeurs veulent explorer désormais.


Souvent les Verts n'ont pas su transformer leurs succès.

C'est vrai et la meilleure façon de ne pas répéter les erreurs passées, c'est de continuer sur la lancée. C'est un collectif qui s'est présenté aux européennes, c'est le même collectif qui va présenter des listes aux élections régionales. Eva Joly, Daniel Cohn- Bendit et José Bové ne seront pas candidats, mais ils seront au coeur de la campagne derrière les listes Europe Écologie. Je souhaite en effet que l'on garde la même appellation en la déclinant dans chaque région.


S'il existe une liste Europe Écologie Aquitaine, elle ne négociera donc pas d'alliance au premier tour avec le PS comme ce fut le cas lors des dernières régionales.

Notre but désormais, c'est d'aider la gauche à gagner. Et la meilleure façon de le faire c'est de se réunir au second tour sur la base d'un programme et d'un contrat de gouvernement régional. La gauche et tout particulièrement le PS doivent comprendre que ce qui s'est produit le 7 juin est irréversible. Elle doit engager grâce à nos idées une révision culturelle, sinon elle restera longtemps dans l'opposition.


Serez-vous tête de liste en Aquitaine ?

Je suis sollicité pour tirer la liste. J'en suis très honoré. Je n'ai pas le droit de dire non sans réfléchir mais je dois tenir compte de mes mandats actuels que je considère comme très importants (1). Mais quelle que soit ma décision, je m'investirai très fortement au côté de la liste Aquitaine. Europe Écologie a sa feuille de route. Un comité de pilotage va se réunir le 3 juillet. Il préparera les régionales jusqu'à la convention qui va se tenir en octobre à Paris.


Après l'Europe, la région est un terrain politique très propice à vos idées.

Nous allons pouvoir montrer que le colbertisme français est un vieux schéma. Le modèle centralisateur a vécu. Nous allons faire campagne pour la création de parlements régionaux, la suppression des départements et l'élection des agglomérations au suffrage universel direct. Nous devons changer d'horizons. Il faut se dire qu'un jour l'Aquitaine sera intégrée dans une grande région allant de Bordeaux à Santander.


Il y a vingt ans vous deveniez maire de Bègles en Gironde.Depuis, vous avez toujours saisi l'occasion de citer deux philosophes aquitains, Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, dont la critique du progrès s'est construite à partir des années 50.
Avez-vous le sentiment que leurs idées, souvent raillées, redeviennent d'actualité ?

Je l'espère. Ce qui est en cause aujourd'hui dans notre développement avait été perçu très tôt par Jacques Ellul et Bernard Charbonneau.
J'y ajouterai René Dumont. Souvenez-vous du soir pendant la campagne électorale de 1974, quand il avait montré à l'écran un simple verre d'eau. Il avait prévenu que ce liquide ordinaire deviendrait un jour un bien précieux. Nous y voilà.


(1) Noël Mamère est député et maire de Bègles. S'il était élu à la Région, il devrait abandonner un mandat.


Auteur : Recueilli par Patrick Venries pour Sud-Ouest du 29 juin 2009
Tag(s) : #Elections régionales 2010

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