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De l’accueil des ménages à ses vertus supposées, décryptage du projet.




La chasse au carbone est ouverte. Avec la contribution climat-énergie (CCE), il fera bon réduire la consommation d’énergies fossiles. Mais comment va-t-elle fonctionner ?



Petit abécédaire d’une taxe qui devrait voir le jour dès 2010.



Une nouvelle taxe ? Dur à avaler ? Pas sûr, car les Français y seraient favorables, à condition de comprendre à quoi elle doit servir, selon deux sondages menés sur Internet par la Fondation Nicolas-Hulot. Pour l’instant, ce sont encore 80 % des sondés qui se disent mal informés.



Coût : Le prix de la tonne de CO2 est fixé à 32 euros pour commencer. Ce tarif, suggéré par le rapport Quinet du Centre d’analyse stratégique, a vocation à augmenter de 5 % par an jusqu’à la résolution du problème. En 2020, la tonne de CO2 vaudra 56 euros, 100 euros en 2030 et 200 euros en 2050. Le niveau du prix est essentiel : trop faible, il n’incitera pas aux changements de comportement, visant à «décarboner» nos vies. Trop élevé, il provoquerait la grogne des Français.

 


Compensation : La mise en place de la taxe se traduira dans un premier temps par une hausse des factures : + 128 euros par an et par ménage chauffé à l’énergie fossile ; + 58 euros pour le propriétaire d’une voiture roulant au super sans plomb et 82 euros pour un diesel. Ces hausses doivent être compensées par l’attribution de chèques verts destinés aux ménages les plus démunis. Une aide temporaire qui devrait être conditionnée par des critères géographiques.



Entrée en vigueur : Michel Rocard espère que la loi de Finances 2010 retiendra l’essentiel de ses recommandations. Concrètement, le prix de l’essence pourrait alors augmenter de plus de 7 centimes d’euros l’année prochaine.



Impôt-Injuste : La taxe n’est pas un impôt progressif ou dégressif en fonction des revenus. Elle risque d’apparaître aussi inéquitable que la TVA. Tout le monde paie la même contribution, quelle que soit sa condition économique et financière.



Modulable : Certains économistes ont mis l’accent sur la nécessité d’une taxe carbone, mais à condition qu’elle soit modulable. Forte quand les cours du pétrole, par exemple, baissent. Mais faible lorsqu’ils connaissent des pics momentanés, comme en 2008. Histoire de maintenir une pression constante qui n’incite pas à la consommation. Celle proposée par Michel Rocard se contente d’être progressive dans le temps, sans tenir compte des aléas des cours des énergies fossiles.



Pédagogie : Michel Rocard insiste sur le caractère pédagogique de cette contribution : elle incitera à changer de comportement, affirme-t-il. Question : Les fumeurs ont-ils cessé de fumer à cause des hausses du prix des cigarettes, de la marginalisation des fumeurs ou grâce à la prise de conscience des dangers du tabac ?



Périmètre : C’est la grande inconnue de la taxe carbone. Elle affectera les énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon), mais pas forcément l’électricité puisque celle-ci est produite à 76 % par du nucléaire. Or, le kilowattheure électrique émet aussi des gaz à effet de serre.



Vertu : Là où elle a été testée, la taxe carbone semble avoir eu un effet. En Suède, elle est en place depuis 1991 (le prix de la tonne de CO2 avoisine les 100 euros) et elle a contribué à faire baisser les émissions de CO2 de 9 %.


Par Laure Noualhat et Vittorio De Filippis sur www.liberation.fr

 

Le rapport ROCARD 

Tag(s) : #Déreglement climatique

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