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Réaction presse de Cécile Duflot du 29 juillet 2009



Le 1er août prochain, le taux du livret A va baisser à 1,25%, seuil le plus bas depuis sa création en 1818. Le livret de développement durable va connaître la même baisse. Il y a un an, ces taux étaient de 4%. Cette chute des taux se produit alors que ces deux placements ont connu un cumul négatif de – 3,5 milliards d'euros sur deux mois. La Ministre de l'économie, assure que sans son intervention ces taux planchers seraient même descendus à 0,25% en vertu d'une règle de calcul qu'elle a pourtant elle-même fixée !



Jusqu'en 2003 le taux du livret A était une décision entièrement politique. Sa rémunération fut d'ailleurs stable, n'évoluant par exemple jamais entre 1986 et 1996. En juillet 2003, Jean-Pierre Raffarin décida d'instaurer une règle de calcul. Promis, le gouvernement n'interviendrait plus sur le taux du livret qui serait le résultat d'un calcul scientifique. L'intervention récente de Christine Lagarde montre bien sur qu'il n'en est rien. Les argument liés à la crise financière tombent d'autant plus que la Ministre de l'économie avait subitement modifiée la règle de calcul en février 2008, clairement en défaveur des épargnants. Dans le même temps elle a cédé au lobby bancaire en généralisant la distribution du livret A et en ne centralisant plus tout la collecte au niveau de la Caisse des dépôts.




Avec la chute de sa rémunération, l'actualisation de plus en plus fréquence de son taux et sa généralisation à l'ensemble des banques privées, le gouvernement a peu à peu transformé le livret A en banal produit bancaire. Cela montre le peu d'intérêt que porte le gouvernement à l'épargne populaire et au problème dramatique de l'insuffisance du logement social. Alors que 3,5 millions de personnes sont en situation de mal-logement, il y'a peut-être mieux à faire que liquider le livret A, principal mode de financement du logement social. A l'heure du Grenelle, pourquoi le livret de développement durable n'est-il financé qu'à 1,25% ?




Dans le même temps, le grand emprunt s'annonce, après le paquet fiscal, comme un cadeau fiscal supplémentaire pour les classes supérieures, qui seules pourront souscrire à l'emprunt. Il serait étonnant que cet emprunt ne soit rémunéré qu'à 1,25%. Les 47 millions de Français qui possèdent un livret A n'auront pas leur chance. En faisant payer aux plus modestes les cadeaux fiscaux des plus riches, le gouvernement ne change pas de cap.

 

 

Cécile Duflot,

Secrétaire nationale

Tag(s) : #Economie

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