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En présentant le premier prototype d'un futur avion solaire, les deux pères du projet Solar Impulse, Bertrand Piccard et André Borschberg, entendent démontrer qu'il est possible de piloter un avion uniquement propulsé à l'énergie solaire – de nuit comme de jour.


 

«Si un avion est capable de voler de jour comme de nuit sans carburant, propulsé par la seule énergie solaire, que personne ne vienne ensuite me dire qu’il n’est pas possible de faire la même chose pour des véhicules à moteur, des systèmes de climatisation ou des ordinateurs», prévient l’initiateur du projet, Bertrand Piccard. S’exprimant à l’occasion de la présentation au public du prototype baptisé HB-SIA, à l’aérodrome de Dübendorf, en Suisse, le pilote et psychiatre de profession ne cache pas son enthousiasme. « Il ne s’agit pas seulement d’un avion, mais d’un message : on peut résoudre la crise économique, on peut combattre la pauvreté comme la pollution de l’environnement grâce aux énergies renouvelables ».


  

Bertrand Piccard, et son associé, l’ingénieur et ancien pilote militaire André Borschberg, prévoient de faire en 2012 le tour du monde à bord d’un avion uniquement propulsé par l’énergie solaire, sans carburant, ni émission polluante. Dans un premier temps, les deux pilotes vont se livrer à une série d’essais sur le HB-SIA, avec le premier vol de nuit prévu au printemps prochain - l’un des défis étant de parvenir à stocker suffisamment d’énergie pour tenir 16 heures de vol sans lumière. L’aéronef présenté ressemble à un gigantesque albatros : une aile impressionnante de 64 m, soit l’envergure d’un Airbus A340, couverte de près de 12 000 cellules solaires, avec un fuselage très fin, monté de quatre moteurs et leurs hélices de 3,50 m de diamètre. Selon André Borschberg, il est «aussi large qu’un Airbus, mais aussi léger qu’une voiture et aussi puissant qu’un scooter».


 

Le HB-SIA est né dans le cadre du projet Solar Impulse, crée en 2003 par les deux pilotes suisses. Doté d’un budget de 70 millions d’euros, le projet a pour but final d’accélérer l’intégration des énergies renouvelables dans l’industrie – et son acceptation dans le monde politique. A ce sujet, André Borschberg ne manque pas de relever les dernières décisions françaises : « La décision du président Sarkozy d’investir autant dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire est une nouvelle que je ne peux manquer de relever, connaissant les sommes colossales que les Français ont investi dans le nucléaire depuis le Général de Gaulle…Si cela permet à la France de générer autant d’énergie par le renouvelable que par le nucléaire, c’est un immense pas en avant ».

 

 

Si la classe politique européenne semble découvrir toujours un peu plus les potentiels liés aux énergies renouvelables, un processus sans doute accéléré par les résultats des dernières élections européennes, le monde de l’industrie semble encore loin de partager les visions de Bertrand Piccard.



En tout premier lieu, l’industrie automobile allemande, dans son entêtement, jusqu’à il y a peu, à bloquer toute amélioration environnementale. L’industrie aéronautique n’est pas exemplaire non plus. C’est uniquement sous la contrainte qu'elle a finalement accepté de participer au marché carbone (voir article lié). Par ailleurs, les associations européennes de riverains, dont la française ADVOCNAR, l’Association de Défense contre les Nuisances Aériennes, n’ont de cesse de dénoncer régulièrement les émissions polluantes émises par les avions et leurs impacts sur la santé des populations survolées.


 

Alors, le projet Solar Impulse saura-t-il concrétiser sa promesse d’un monde débarrassé des énergies fossiles ? Selon Pierre Condom, spécialiste en aéronautique intervenant dans le quotidien suisse Le Temps, les milieux de l’aéronautique suivent cette aventure avec beaucoup d’intérêt. « Ce sera incontestablement un exploit de faire voler un tel avion. Car en voulant tirer profit de l’électricité provenant des batteries rechargées à l’énergie solaire, il est difficile d’avoir une puissance motrice très importante. Ce que l’équipe de Solar Impulse a réalisé, c’est une sorte de planeur motorisé, d’une légèreté maximale. D’autre part, pour traverser des zones de turbulences, l’engin devra s’avérer assez robuste», poursuit l’expert en aéronautique. « Mais cela ouvrira peut-être des voies inédites. Comme l’ont fait en 1903 les frères Wright en volant pour la première fois. On ne peut donc pas dire que l’on ne fera jamais voler de plus gros aéronefs à l’aide de l’énergie solaire.» Un projet à suivre donc.


 

Claire Stam à Francfort (Allemagne) - www.novethic.fr

Tag(s) : #Energies renouvelables

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