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sans-r.jpegArticle de Julien Duffé dans Le Parisien du 19 juin 2013.
Nous soutenons le combat légitime de cette association qui lutte avec persévérance pour obtenir tout simplement le droit d'écouter la radio.

 

Bagnolet. Dans les quartiers autour des tours Mercuriales, impossible d’écouter la radio sans entendre des grésillements. Depuis onze ans qu’une association se bat, aucune solution technique n’a été trouvée.

 

 

« On vit depuis des années une histoire de fou mais j’ai l’impression que tout le monde s’en fiche. » Président des Sans-Radio de l’est parisien, Michel Léon est d’humeur maussade. Son association se bat depuis maintenant onze ans au nom des 40000 foyers de Bagnolet, Les Lilas, Montreuil et Paris (XXe) qui vivent à l’ombre des deux tours Mercuriales de la porte de Bagnolet et de ses antennes émettrices. Un voisinage qui a pour conséquence de brouiller une partie des stations FM. Engagés dans une action judiciaire collective pour demander la « cessation du trouble » constaté par un expert judiciaire en 2008, les sans-radio ont le sentiment que leurs requêtes n’aboutiront jamais. Ils viennent pourtant de recevoir des soutiens de poids.

 

Fin mai, neuf élus ont décidé d’écrire conjointement au nouveau président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck. Parmi eux, quatre maires concernés par le problème et trois parlementaires dont le président (PS) de l’Assemblée nationale Claude Bartolone. « Nous demandons au CSA de réexaminer la situation qui touche quand même 200000 habitants », plaide-t-on au cabinet de la députée PS de Paris Fanélie Carrey-Comte, à l’initiative de ce courrier.

 

En mars, l’une des deux antennes des tours jumelles (celle de l’opérateur TDF) a bien été désactivée. « Mais elle n’émettait qu’une seule station partie ailleurs (NDLR : Radio Aligre), minimise Michel Léon. Il reste l’antenne Towercast et ses 9 radios, qui provoque un brouillage constant du début de la bande FM, dont les radios de service public France Inter, France Musique, France Culture. »

 

Au Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui s’apprête à répondre aux élus signataires, on reconnaît le problème sans vouloir avancer de chiffres. « Ce problème de brouillage n’est pas propre à l’est parisien, on le constate aussi près de la tour Eiffel pour les stations émises depuis la porte de Bagnolet car le phénomène est lié à l’interférence entre les deux antennes, plaide-t-on à la direction des technologies. C’est vrai qu’autour des Mercuriales, on n’a pas trouvé de solution si ce n’est d’encourager à d’autres modes d’écoute pour les usagers : Internet ou le réseau câblé. » Le CSA fait remarquer qu’avec 49 stations FM, Paris détient un record quasi mondial. « La tour Eiffel en héberge déjà 31 et ne peut en accueillir plus. Et déplacer les émetteurs des tours Mercuriales ne ferait que déplacer le problème voire l’amplifier. »

 

Quid de la radio numérique terrestre (RNT) longtemps présentée comme la solution miracle? « Un appel à candidature a été lancé sur Paris mais on a eu très peu de retours », reconnaît le CSA. « Consterné » par un courrier envoyé en avril par la ministre de la Culture, Michel Léon attend sans beaucoup d’illusion celui du président du CSA : « J’espère une réponse intelligente et circonstanciée » souffle-t-il.

Tag(s) : #Vie municipale

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