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ialinemages

 

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, pas un jour ne passe sans que l'actualité vienne cruellement nous rappeler que le secteur industriel est en crise grave : les plans sociaux s'enchaînent les uns après les autres et pourraient sembler inéluctables…

 

Nous mesurons l'ampleur de la tâche devant laquelle vous vous trouvez, monsieur le ministre.

 

Pour le groupe écologiste, il est d'abord important de protéger et de maintenir l'emploi industriel en France et en Europe. Cela signifie qu'il faut penser dès aujourd'hui les enjeux et les secteurs porteurs de demain et qu'il faut amorcer la transition écologique de l'économie, en gardant d'abord à l'esprit que, derrière les chiffres, ce sont des êtres humains, des familles entières et des territoires qui sont concernés par l'échec d'une vision industrielle passéiste, purement comptable et « court-termiste ».

 

Élue de Seine-Saint-Denis, je prendrai l'exemple de PSA à Aulnay-sous-Bois. Les salariés nous disent : « Nous avons passé notre vie dans cette entreprise. Qu'allons-nous devenir ? » Cette angoisse est évidemment de plus en plus difficile à supporter et il nous revient de trouver des solutions.

 

Pour nous, écologistes, il est nécessaire de travailler à des solutions industrielles nouvelles, en impliquant tous les acteurs concernés : élus locaux, experts, mais aussi syndicats. Certains syndicats travaillent en effet sur des solutions et sont intéressés par la recherche de filières nouvelles. Je pense, par exemple, à un syndicat de Renault Sandouville, qui réfléchit à la filière de déconstruction automobile, dont beaucoup disent qu'elle pourrait être fortement porteuse d'emplois.

 

Il faut en finir avec la stratégie industrielle que nous avons connue, imposée par les directions d'un certain nombre de groupes cherchant la rémunération maximale des actionnaires à court terme, faisant fi des répercussions sur les salariés, sur l'avenir de l'entreprise. Beaucoup le disent, cette stratégie est un échec total !

 

Mais, dans cette démarche de recherche de nouvelles filières, il est impératif de garantir les salaires des employés qui sont présents pendant toute la transition, sans aucun licenciement. Les pouvoirs publics doivent proclamer la nécessité de cette garantie parce que les salariés, menacés aujourd'hui par dizaines de milliers, ne doivent pas être victimes de la cécité stratégique des directions des groupes industriels qui n'ont pas anticipé la crise. Ce n'est pas à eux d'en faire les frais !

 

Par ailleurs, nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, penser le long terme, c'est penser la reconversion et l'adaptation des secteurs qui déclinent parce que leur production est devenue obsolète. Mais ce n'est pas parce que l'on cherche à définir une stratégie à long terme qu'il faut sans cesse en reporter la mise en place. La reconversion, il faut la mettre en place tout de suite !

 

Par exemple, il faut moins d'automobiles de grosses cylindrées et plutôt des voitures consommant peu de pétrole. Il nous faut moins d'avions et davantage de bateaux, moins de pétrole et plus d'énergies renouvelables et d'éco-matériaux, moins de surconsommation individuelle standardisée et plus de services partagés à haute valeur ajoutée. Il nous faut moins de camions et d'autoroutes et plus de circuits courts, nous devons développer les énergies renouvelables, l'isolation thermique des bâtiments et la filière de traitement des déchets. Ce ne sont là que quelques exemples !

 

L'isolation thermique des bâtiments, si l'on met en place une véritable filière, avec les formations et tout l'investissement nécessaire, pourrait créer des centaines de milliers d'emplois. Ce n'est pas une fable !

 

Pourquoi, alors, toujours reporter ces perspectives ? Pourquoi ne pas s'y mettre tout de suite, massivement et résolument ?

 

Je rappelle les déclarations du Président de la République, qui s'exprimait ainsi le 14 septembre 2012, en ouverture de la conférence environnementale : « La France, et j'en prends ici l'engagement, se mobilisera dans la transition énergétique, voilà le cap : la transition ! » Vous-même, monsieur le ministre, avez dit il y a quelques jours à Saint-Nazaire, que « la transition énergétique » était « un point de passage pour la réindustrialisation ».

 

J'évoquerai à nouveau le cas de l'automobile, qui me touche puisque, comme élue en Seine-Saint-Denis, je l'ai dit, je suis évidemment avec beaucoup d'attention la situation du site de PSA à Aulnay-sous-Bois, en espérant qu'une dynamique va se mettre en place pour répondre à l'angoisse des salariés.

 

Je rappelle que le secteur de l'automobile représente 445 000 emplois directs et au moins autant dans la distribution et les services. On sait de quoi souffre aujourd'hui cette industrie. Sa situation résulte pour l'essentiel d'une saturation du marché dans les pays européens. Il faut vraiment penser dès maintenant la reconversion de l'appareil de production – ainsi, bien sûr, que celle des salariés de cette industrie –, son redéploiement : c'est le message que nous répétons, en ayant parfois l'impression de ne pas être vraiment pris au sérieux.

 

Il est impératif de poser la question dès maintenant. Sinon, l'automobile connaîtra le sort de la sidérurgie dans les années 1980 : une restructuration menée dans l'urgence, c'est-à-dire mal ! Plutôt que de subir la situation, nous proposons de nous y préparer pendant qu'il est encore temps.

 

Des étapes sont nécessaires pour ponctuer cette démarche. Nous sommes ainsi favorables à la mise en place d'un fonds national et de vingt-deux fonds régionaux de conversion, qui pourraient être financés par une taxe de 1 % sur les dividendes, afin d'accompagner ce travail de transition du secteur industriel et d'assurer son maintien sur notre territoire dans l'avenir.

 

Nous demeurons convaincus qu'une importante partie de la solution industrielle se trouve dans une stratégie nationale d'investissement public fort. De ce point de vue, j'espère que le séminaire industriel d'aujourd'hui, qui doit tracer des perspectives dans de nombreux secteurs économiques – numériques, haut débit, transport, logement, transition énergétique, santé – permettra de définir des politiques fortes, à mettre en œuvre dès maintenant !

 

Tag(s) : #Economie

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