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Le Parlement européen a débattu de l’affaire des 28 militants de Greenpeace et des deux journalistes indépendants arrêtés en Russie, le 23 octobre à Strasbourg, en présence de la Commission et du Conseil. Les autorités russes ont saisi leur navire le 19 septembre, suite aux manifestations des militants contre une plateforme pétrolière de Gazprom menant des activités de forage en mer de Barents dans l’Arctique. Même si les charges de piraterie ont finalement été levées, les militants risquent toujours jusqu’à sept ans de prison, une peine inconcevable.


Pour Michèle Rivasi (ex-directrice de Greenpeace) et Yannick Jadot (ex-directeur des campagnes de Greenpeace) :

 

« L’ensemble des eurodéputés, tous groupes politiques confondus, ont dénoncé les charges excessives portées à l’encontre des militants de Greenpeace, mais aussi leurs conditions de détention. Ils ont par ailleurs tous demandé la libération des détenus grâce à une véritable mobilisation de la diplomatie européenne, de la Commission au Conseil de l’UE en passant par le Service européen pour l’action extérieure. Nous nous en réjouissons : cela démontre qu’il y a bien un problème dans la réaction disproportionnée du Kremlin, qui cherche à faire un exemple pour dissuader toute contestation de l’appropriation des ressources de l’Arctique par la Russie.

 

L’action de ces militants est salutaire, elle nous rappelle que l’on doit cesser la course aux hydrocarbures, et que les quelques années de consommation mondiale de pétrole ou de gaz que peut déceler l’Arctique ne valent pas la peine de risquer un désastre écologique dans une zone fragile, ni de raccourcir la mèche de la bombe climatique qui nous menace.

 

Leur condamnation n’est pas un acte judiciaire, mais bien une décision politique à l’encontre des droits humains, de la liberté de manifestation et d’expression. Comment peut-on tolérer que des lanceurs d’alerte pacifistes soient traités de la sorte ? Les institutions européennes et les États membres ne doivent pas rester silencieux - ou d’autres subiront le même sort, pour d’autres raisons. Vladimir Poutine cherche à connaître la marge de manœuvre dont il dispose pour faire main-basse sur l’Arctique. Il nous teste. Nous devons répondre fermement que le chantage énergétique ne nous arrêtera pas et que Gazprom ne fait pas la loi en Europe.

 

Plus généralement, nous devons entamer une concertation internationale pour sanctuariser l’Arctique, afin que l’un des rares espaces vierges restant sur notre planète reste à l’abri des appétits insouciants des multinationales de l’énergie. Parmi les 28 militants de Greenpeace, issus de 18 pays, il y a un Français : Francesco Pisanu. Nous pensons à lui autant qu’aux autres et leur exprimons toute notre solidarité. Surtout, nous tenons à saluer le courage qui les anime : merci. »

Tag(s) : #actualités internationales

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