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OCH0018Nous publions l'article du site www.bakchich.info/ qui revient sur l'affaire du Centre Technique Municipal.


Le maire va t-il nous "gratifier" d'un nouveau tract en plein mois d'août pour dénoncer cette fois-ci "un complot de la presse de gauche" ???

 

L'article publié le 9 août 2013 :

 

Derrière les portes de Bagnolet, de drôles d'agents municipaux

 

 

L'arrestation du directeur du garage municipal pour trafic de drogue lève le voile sur les tensions qui agitent depuis des années la tranquille ville de la banlieue est.

 

La peste brune menace Bagnolet. Si, si promis. La petite ville de l'est parisien, qui flirte avec les 35 000 âmes, est la cible d'une «opération commando pour le compte de la droite revancharde et de l'extrême droite dangereuse et conquérante». Rien de moins. Heureusement, les Bagnoletais peuvent compter sur leur maire, Marc Everbecq, pour lutter contre les assauts de la bête immonde, un «élu qui incarne à la fois une certaine forme d'indépendance d'esprit vis-à-vis des états majors politiques et une démarche politique authentiquement à gauche».

 

A la mi-juillet, les habitants de la cinquième commune la plus endettée de France ont découvert les périls qui les guettent par la grâce d'un tract laissé dans leurs boîtes aux lettres. Signé : «Marc Everbecq et les élus pour le Renouveau de Bagnolet». Une démarche fort originale, rendue nécessaire par les suites d'un faits divers un brin gênant survenu deux mois plus tôt.

 

Le garage municipal transformé en caverne d'Ali Baba

 

Le 7 juin au matin, la brigade des stupéfiants de la préfecture de police de Paris a, de bonne heure, entrepris de visiter la tranquille ville de Seine-Saint-Denis. Leur enquête les a conduits jusqu'au garage du Centre Technique Municipal (CTM) où ils ont découvert un trésor : 11 kilos de cocaïne, 15 000 euros en billets, du cannabis, un fusil à pompe, un pistolet-mitrailleur, un gilet pare-balles et quelques bijoux.

 

Sur la route du retour, les limiers embarquent six personnes, dont le directeur du garage, un agent municipal de la mairie et son frère. «Consterné» par la nouvelle - révélée par Le Parisien -, Marc Everbecq assure alors «tomber de l'armoire» en apprenant les malversations supposées d'un de ses employés.

 

Ce n'est que le début de son effroi. Car le garagiste occasionnel va aimablement détailler, devant la police, son parcours et ses liens avec la mairie.

 

Moumous, agent municipal très spécial

 

Auditionné, Moumous – c’est son surnom - assume être «entré par piston comme agent de sécurité à la mairie» en 2006. «Le maire m'a embauché parce que, à l'époque, tout brûlait à Bagnolet à cause de l'affaire des jeunes décédés à Clichy-sous-Bois.

 

Il cherchait un mec qui avait de l'influence pour empêcher que les édifices de la ville brûlent… Moi je suis quelqu'un de respecté par tous les jeunes alors j'avais le profil idéal».

 

Le début d'une vraie carrière. Selon les témoignages recueillis par Bakchich, Mous, engagé au service du courrier, est rapidement devenu le patron de la manutention dans les services municipaux, avant d'endosser le rôle de directeur du garage du CTM, poste créé spécialement pour ses compétences et son entrain au travail. «Pour les élections j'étais chargé de collecter les formulaires d'inscription des jeunes des quartiers, afin de leur faire obtenir leur carte d'électeurs. Ils ne se déplaçaient pas je faisais toutes les démarches pour eux. Dans l'entourage du maire, des personnes me disaient que s'il repassait, on me mettrait bien». Traduction ? Mous a obtenu sa place au CTM et une certaine «allégeance». «On me laissait tranquille, je n'avais de compte à rendre à personne et on ne me posait pas de question Dès que je demandais quelque chose je l'avais». En contrepartie, «on réglait aussi quelques problèmes dans la ville. Par exemple dans toutes les réunions publiques et au conseil municipal, on me demandait de venir avec des potes et je recadrais les opposants ou les gens qui foutaient la merde». Une mission de confiance. «Les ordres venaient directement du maire mais c'est son entourage proche qui me donnait les instructions».

 

Les émeutes de 2005 créent des vocations

 

Des accusations si grave que le maire Everbecq a pris sa jolie plume pour rédiger le tract distribué Bagnoletais. Et désigner le cheval de Troie de l'ennemi brun: l’hebdomadaire Le Point, «connu pour ses accointances idéaologiques avec la droite dure et populiste française». Dans son édition du 11 juillet, l'hebdomadaire a en effet dévoilé l'étonnant parcours de Moumous. «D'après un journaliste, un ancien employé communal, aux prises avec la justice dans une grave affaire de trafic de drogue, aurait été le caïd du maire, résume le héros rouge de Bagnolet. Le Point reprend pour argent comptant ces propos et se livre à une opération anti-communiste d'une rare violence». À ceci près que le maire, dans l'article du Point qu'il promet d'attaquer en diffamation, assure que ledit Mous «a été très utile lors des émeutes de 2005». Mieux, assure l'édile : «Toutes les villes de banlieues financent des clubs de boxe pour pouvoir utiliser leurs membres en cas de coups durs».

 

Par exemple lors de séances de conseils municipaux houleuses. Le 15 février 2012, la police a du intervenir après des heurts lors de l'assemblée municipale.

 

«Mais ma remarque au Point, c'était de l'ironie, assure à Bakchich Marc Everbecq. Leur article fait un amalgame de tout. On part d'un trafic de drogue pour me salir ».

 

L'édile consent à revenir sur le parcours de Moumous, un agent «un peu bouillonnant comme il en existe dans toutes les collectivités» qui est bien entré après les émeutes dans les services de la ville. «Il y avait déjà fait un passage en 1999 », tient à préciser l'élu qui se défend d'une quelconque proximité ou protection accordée à cet agent si spécial. «On lui a mis des blâmes à chaque fois qu'il l'a fallu, notamment quand il a fait le coup de poing contre des collègues. Mais il ne m'a jamais servi de garde du coup, ni n'a menacé quiconque en mon nom, ça c'est du fantasme.» Quant à la séance houleuse du 15 février 2012, le maire assure que tout est parti d'un mail anonyme envoyé depuis la mairie à tous les services et mettant en cause un club de boxe subventionné par la municipalité et fréquenté par Moumous et ses amis. «Après ce mail, ma voiture a été brûlée et il y a eu de la tension au conseil municipal, mais évidemment cela on le tait.»

 

Un élu de l'opposition assure tout de même avoir été menacé par Moumous quand ce dernier a cru que la subvention du club de boxe allait diminuer. « En fait elle n'allait pas augmenter autant qu'il l'espérait, une fois qu'il l'a compris il s'est calmé», confie à Bakchich le conseiller municipal qui préfère rester anonyme. «L'affaire du CTM a simplement levé le voile sur ce dont on se doutait, qu'il se passait des choses peu claires là bas, et que Mous était utilisé comme gros bras lors de réunions publiques. A Bagnolet tout le monde le connaît».

 

«Everbec veut construire Versailles chaque matin»

 

Et les langues de commencer timidement à se délier sur l'ambiance délétère qui règne à la mairie. Rumeurs de clientélisme dans une municipalité qui ne dispose d'aucune commission d'attribution de logement. Soupçons d'embauche de complaisance dans une administration qui compte près de 1200 agents engloutissant 60% des charges de fonctionnement d'une ville si endettée. Les grands travaux lancés par la mairie ont explosé les budgets, comme l'a noté la chambre régionale des comptes, notamment la réfection de l'hôtel de ville . «Estimé à 20 M€ HT par la délibération du conseil municipal du 25 mars 2009 approuvant le dossier de programmation », le chantier « a été réévalué à 32,2 M€ TTC».

 

La facture finale friserait les 39 millions d'euros. «Everbecq veut construire Versailles tous les jours quand il dirige un pavillon de banlieue, lâche un hiérarque socialiste de la fédération de Seine-Saint-Denis. On va présenter quelqu'un contre lui en 2014. Il y a quelque chose qui part en sucette dans son système».

 

D'autant que deux proches du maire ont plié bagages récemment. le directeur des services techniques a fait valoir ses droits à la retraite le 2 août, quand le directeur général des services (DGS), Hassene Allouache, en poste depuis 2008 a vu sa nomination invalidée 5 ans plus tard par le tribunal administratif, sur recours de la CGT. La décision du 18 juillet n'a fait l'objet d'aucun appel. «Nous étions en désaccord depuis un an, précise Marc Everbecq. Il pouvait donner le sentiment à certains des employés de favoriser des proches. C'est dommage car ce n'était pas le cas.»

 

« Dès qu'Allouache avait un souci, confie un élu de l'opposition, il appelait Moumous pour le gérer». Presqu'une relation de famille. La soeur du trafiquant était membre du cabinet du DGS. Un petit monde que l'audition de Mous a en partie dévoilé.

 

«Nous nous sommes portés partie civile pour tirer tout cela au clair», affirme le maire.

 

Depuis, les convocations se succèdent pour les employés du Centre Technique Municipal, de la part de policiers visiblement curieux de comprendre le fonctionnement du garage municipal. Avant de plonger dans les rouages de la ville? Histoire de comprendre si Moumous s'est fait mousser ou pas...

Tag(s) : #Vie municipale

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