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Interview dans Le Figaro par Albert Zennou.

Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), estime que la conférence environnementale doit permettre de tirer les conclusions d'un an de débat.

 

Vous avez donné un ultimatum à François Hollande. Craignez-vous qu'il ne soit pas respecté ?

 

Pascal DURAND - J'ai simplement dit qu'il restait six jours au président pour qu'il fixe le cap à la conférence environnementale des 20 et 21 septembre. C'est en effet à lui d'initier les transitions écologiques et énergétiques dont la France a besoin. Lorsque l'on affirme, comme il l'a fait dimanche soir, que l'écologie est une opportunité, il faut poser les actes.

 

Je demande à François Hollande de mettre dans une grande ambition française et européenne les transitions écologiques. Il ne peut pas dire que le mix énergétique doit bouger d'ici à 2025 sans préciser le calendrier des transformations. Il faut être pragmatique : la France va-t-elle ou non rater son rendez-vous avec l'avenir? On nous avait promis de réduire la part du nucléaire, de privilégier l'efficacité énergétique, que les énergies renouvelables allaient être soutenues, désormais le gouvernement doit dire comment il compte y parvenir. Des centaines de milliers d'emplois dépendent de sa réponse.

 

La conférence environnementale sera-t-elle l'occasion d'aborder la fiscalité verte ?

 

La fiscalité est effectivement perçue comme un grand bazar. Les signaux sont contradictoires. Lors de cette conférence, il faudra tirer les conclusions d'un an de débat pour préciser les objectifs de la transition et s'en donner les moyens. On pourra alors parler de budget, et ce sera l'objet du débat budgétaire au Parlement, qui devra traduire en actes les engagements qui auront été pris lors de la conférence environnementale. J'ai bien compris que certains veulent enfermer les écologistes dans une sorte de surenchère fiscale. C'est une erreur profonde. La fiscalité n'est qu'un moyen et non pas une fin en soi.

 

Pourtant, à l'heure de la pause fiscale, peut-on encore rajouter une taxe ?

 

La fiscalité écologique est une fiscalité de transfert et de remplacement et en aucune manière une fiscalité qui s'ajouterait à celle existante. La fiscalité française marche sur la tête, on ne sait que rajouter des couches supplémentaires. Ce que nous demandions, c'est que 100 % du produit de la contribution climat-énergie soit affecté aux économies d'énergies des entreprises et des ménages et soit redistribué.

 

C'est un choix politique. Une taxe supplémentaire qui n'aurait pour but que de ramener de l'argent au lieu d'abonder le budget général, sans être compensée - pour les ménages modestes - ni fléchée vers la mise en place d'alternatives - en matière d'économies d'énergie, de logement, de transport - ne peut pas être appelée fiscalité écologique.

 

Le couac sur le diesel a montré que le gouvernement ne semble pas prêt à ouvrir une nouvelle brèche fiscale.

 

Ne nous trompons pas d'enjeu. Le diesel, c'est avant tout un problème de santé publique. Il faut à terme une convergence pour que personne ne soit incité à acheter du diesel plutôt que de l'essence. L'objectif n'est pas de punir mais de fixer le cap et de mettre en œuvre les transitions.

 

Et si Hollande ne fixait pas de cap ?

 

Dimanche, le président a affirmé qu'il défendait l'intérêt de la France et, parce que notre pays serait considérablement fragilisé si nous n'engagions pas des mesures à la hauteur des enjeux du XXIe siècle, je n'imagine pas qu'il ne fixe pas ce cap attendu et nécessaire. Si toutefois ce n'était pas le cas, cela voudra dire que nous aurons échoué à convaincre le gouvernement. Ce n'est pas à moi d'en tirer seul les conséquences pour notre mouvement. Mais je ne serai pas, je l'ai dit, le secrétaire national des renoncements écologiques.

 

Tag(s) : #Economie

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