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yannick-jadot 139Interview recueilli par Matthieu Ecoiffier pour Libération

 

Eurodéputé Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) Yannick Jadot a participé

aux travaux du «comité pour la fiscalité écologique».

 

Il n’y aura pas de hausse du diesel en 2014. C’est un revers important ?

 

C’est un très mauvais signal. Quand on est dans une situation où le diesel est responsable de 16 000 morts par an et que les automobilistes sont piégés dans des factures de carburants très élevées, ne rien faire est totalement irresponsable. Tant du point de vue de la santé que de l’environnement et du pouvoir d’achat. Mais aussi de la mutation indispensable de l’industrie automobile.

 

Du point de vue politique, n’est-ce pas habile à l’approche des élections municipales ?

 

Le pire, pour les Français, c’est le sentiment d’impuissance politique, qu’on les laisse dans le statu quo avec un gouvernement qui n’agit pas.

On a fait des propositions, avec les syndicats et avec les consommateurs, pour faire en sorte que la fiscalité permette de sortir les automobilistes du piège du diesel.

 

Avec des mécanismes de compensation pour les ménages modestes ?

 

Le prix du diesel peut varier par an de 15 à 20 centimes à cause des fluctuations. Ce que nous proposions, c’est d’augmenter tous les ans de 2 centimes la fiscalité diesel pour la faire converger vers celle de l’essence, comme c’est de plus en plus le cas en Europe et aux Etats-Unis, puis d’utiliser ces recettes pour aider – avec plusieurs milliers d’euros – les automobilistes aux revenus modestes à s’acheter une voiture plus sobre. J’aurais préféré un gouvernement qui fasse de la pédagogie de la réforme et change les choses. Là, le gouvernement ne fait pas du développement durable mais du renoncement durable.

 

Un début de fiscalité verte est tout de même prévu…

 

On nous dit qu’on va acter le principe d’une introduction d’une dimension carbone dans la taxe sur les carburants, ça ressemble plus à un symbole qu’à une ambition réelle. On se retrouve dans un exercice où ce gouvernement n’a toujours pas une culture écologique et semble donner de la fiscalité écolo l’image d’un cadeau aux Verts et non pas un levier pour moderniser notre économie.

 

Pour François Hollande, l’écologie est une variable d’ajustement de sa

majorité ?

 

Ce qui est dramatique, c’est qu’on a l’impression que les quelques mesures écologistes qui sont prises le sont pour maintenir la coalition et non pour moderniser notre économie et soulager le pouvoir d’achat des Français en sus de protéger l’environnement. Ce gouvernement est en train de donner une image de punition de la fiscalité écolo, alors que c’est un levier efficace dans de nombreux pays d’Europe pour moderniser l’économie, innover et baisser le coût du travail en taxant plus les pollutions. François Hollande n’a pas la fibre écologiste, alors que les ministres écologistes ont acquis la culture de gouvernement.

 

A une semaine de la conférence environnementale, quel geste attendez-vous du président de la République ?

 

J’attends un retournement des arbitrages qui semblent avoir été pris. Il y a un an [lors de la première conférence, ndlr], le président de la République avait dit qu’il allait faire de la France le pays de l’excellence environnementale. J’aimerais que cette année ce ne soit pas le discours de l’immobilisme écologique.

 

Notre-Dame-des-Landes, le nucléaire, le diesel… Que faites-vous encore dans le gouvernement ?

 

En l’état, mes collègues députés et sénateurs d’Europe Ecologie-les Verts affirment qu’ils ne peuvent pas voter le budget, élément structurant de toute participation à une majorité. Ce sont les actes que posera ou pas François Hollande à la conférence environnementale qui seront déterminants.

Tag(s) : #Economie

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