
La Chine utilise les JO comme prétexte pour renforcer sa répression contre les défenseurs des droits de l'Homme et vider la capitale des "indésirables", a déploré lundi 28 juillet Amnesty International dans ce rapport.
"La répression contre les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes et les avocats s'est renforcée en raison de l'organisation des Jeux Olympiques à Pékin", estime l'organisation de défense des droits de l'Homme.
"A moins d'un changement radical de la part des autorités, l'héritage des jeux Olympiques ne sera pas positif pour les droits de l'Homme en Chine", a mis en garde Amnesty.
Amnesty appelle le Comité olympique international (CIO) et les dirigeants politiques à être plus exigeants envers Pékin, mettant en garde contre des mesures encore plus répressives après les Jeux Olympiques.
Pendant la préparation des JO, Pékin a accentué l'usage de la détention administrative, en particulier sur les militants des droits de l'Homme et les mendiants, selon Amnesty.
En janvier, poursuit l'organisation, Pékin a lancé une campagne contre "les activités illégales qui ternissent l'image de la ville et troublent l'ordre social".
En mai, les autorités ont adopté une loi de "rééducation par le travail".
En juin, les autorités de Shanghai ont ordonné aux militants et aux signataires de pétitions de se rendre à la police chaque semaine et ne ne pas quitter la ville sans autorisation ou se rendre à Pekin durant les JO.
La persécution contre les journalistes s'est également intensifiée : Amnesty cite des statistiques du Club de la presse étrangère de Chine qui recensent 230 cas de journalistes dont le travail a été entravé par des interférences des autorités, contre 180 cas l'année dernière.
Pour Amnesty, "le danger est qu'après les jeux Olympiques, les violations des droits de l'Homme se poursuivent ou s'intensifient avec une attention encore moindre de la communauté internationale".
L'ONG énumère cinq mesures pour améliorer la situation des droits de l'Homme en Chine, déjà présentées dans une lettre ouverte adressée au président chinois Hu Jintao :
1) Libération de l'ensemble des prisonniers d'opinion ;
2) Empêcher la police de procéder à des détentions arbitraires de signataires de pétitions ;
3) Rendre publiques la totalité des statistiques sur la peine de mort ;
4) Mettre en oeuvre un moratoire sur les exécutions ;
5) Offrir aux médias une liberté totale et rendre compte de tous ceux qui ont été tués ou interpellés à la suite des manifestations de mars 2008 au Tibet.
Ce rapport accablant pour les droits humains en Chine doit nous inciter à envisager des actions comme l'appel de Denis Baupin à boycotter la cérémonie d'ouverture à la télé.
La présence de Nicolas Sarkozy à cette cérémonie d'ouverture est inadmissible et donnera une image déplorable de la France à travers le monde.
"Politiquement, une grave erreur ; humainement, une bassesse ; juridiquement, un crime." Le cri d'indignation lancé par le dissident russe Vladimir Boukovski contre la tenue des JO à Moscou en 1980, reste d'actualité en 2008.
Toutefois, le boycott total n'est pas une solution. Les résultats insignifiants des boycotts de 1976, 1980 et 1984 en sont une preuve.
Les JO sont suivis par des milliards de personnes dans le monde entier. Ils doivent constituer une véritable vitrine de la protestation contre les atteintes aux droits humains en Chine.
Le site d'Amnesty International :
http://www.amnesty.org/fr
Le site de Reporters Sans Frontières :
http://www.rsf.org/