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Les jeux olympiques permettront l'ouverture démocratique de la Chine ?

La pression internationale pour l'instant n'a aucun effet déterminant sur la nature du régime chinois. Le capitalisme chinois et le despotisme politique du parti communiste ont résisté à toute ouverture sérieuse et les libertés sont comme toujours réprimées.

Gao Xingjian, qui vit en France depuis 1989 et qui a été naturalisé en 1997 ne se fait pas d'illusion sur la portée de l'organisation des Jeux Olympiques en Chine. « Les Jeux Olympiques ? C'est quelque chose qui va toucher les médias, mais qui ne changera rien en Chine » déclare-t-il.

Il a raison de dire que le régime de Pékin ne change pas de nature donc il faut continuer la lutte pour la défense des droits humains et la liberté. Egalement n'oublions pas que la Chine est une grande civilisation et sa contribution dans l'histoire est immense. Les travaux littéraires et artistiques de Gao Xingjian, le Prix Nobel de littérature, constituent un des aspects de cette contribution. Nous, Bagnoltais, sommes très reconnaissants car ce Prix Nobel était notre voisin et notre fierté.

Né le 4 janvier 1940, en pleine guerre nippo-chinoise dans la province du Jiangxi (sud-est), Gao Xinjian a grandi ensuite à Nankin dans une atmosphère intellectuelle libérale. Il se tourne très vite vers la littérature et consacre, tout au long de sa carrière, du temps à des traductions de la Cantatrice chauve de Ionesco, des essais sur Eluard, Aragon, le nouveau roman, le théâtre de l'absurde, les poètes Ponge et Michaux ou encore Genet ou Koltès.

En Chine, dans les années quatre-vingt, il s'impose comme l'un des pionniers de l'avant-garde dramatique et littéraire chinoise : il publie des nouvelles, des essais, de nombreuses pièces de théâtres ainsi que quatre romans. A la fois attaché aux traditions de son pays et résolument progressiste et libertaire.

Il quittera le Parti communiste chinois en 1989, par protestation envers la répression des manifestations de la place Tien an Men.

En 1995, son premier livre à être traduit en français sera "La Montagne de l'âme" pour lequel il reçoit le Prix Nobel de littérature en 2000.
Dans « La Montagne de l'âme », son chef-d'œuvre, il retrace un périple dans une Chine intérieure, fantomatique et proche de Lao-Tseu, loin du « monde de la poussière ». Le Prix Nobel de littérature a été attribué à l'écrivain de langue chinoise Gao Xinjian parce que l'Académie royale de Suède a voulu récompenser " une oeuvre de portée universelle, marquée d'une amère prise de conscience et d'une ingéniosité langagière qui a ouvert de voies nouvelles à l'art du roman et du théâtre chinois ".

Cinq ans plus tard, il publie le Livre d'un homme seul, retour sur le désastre contemporain et drame familial durant lequel "tout le monde était mort de maladie, par noyade, par suicide, par folie ou, pour l'une d'entre eux, en suivant son mari en camp de rééducation ". Le Livre d'un homme seul est un cri : il y raconte le massacre de sa famille, dénonce les méthodes du système totalitaire chinois et les exactions commises à l'époque de la bande des Quatre.
« Le Quêteur de la mort » puis « Une canne à pêche pour mon grand père » suscitent également l'adhésion du public et de la critique.

Xingjian disait : « Moi, je crois à ce que j'appelle une littérature froide : une littérature de fuite pour préserver sa vie, une littérature non utilitariste, mais de sauvegarde spirituelle de soi-même afin d'éviter l'étouffement par la société. Je crois à une littérature de l'instant, pour les vivants. Il faut savoir se servir de la liberté. Si on s'en sert en échange d'autre chose, elle s'envole. »

C'est un grand esprit littéraire. Un succès presque mondial bien mérité, avec une ombre au tableau pourtant : le manque de reconnaissance de la part de la Chine, son pays natal, qui aujourd'hui encore a de la peine à lui reconnaître ses mérites d'écrivain et d'artiste. En effet, Xingjian, en plus d'être une fine plume, se consacre à la peinture, au théâtre et à la cinématographie. Ses travaux d'encres sur toile ont été exposé entre février et avril 2008 à Paris. Gao Xingjian a régulièrement été exposé à la Galerie la Tour des Cardinaux de l'Isle sur Sorgue (région de Marseille) et à l'Espace d'art contemporain le Cercle Bleu de Metz.

Gao Xingjian a eu son Prix Nobel quand il résidait à Bagnolet. Plus précisément il habitait le Parc de La Noue Bâtiment 4 jusqu'au mois de juillet 2003. Dans son appartement il avait entassé beaucoup de toiles, il cherchait un atelier. Il a exposé quelques travaux au Centre Tofolletti à la Noue. Une seule fois, le 5 avril 2003, il a été reçu par la Mairie dans la salle de mariage.
Dans ce secteur de La Noue il faut garder le souvenir de Gao Xingjian. Le projet ANRU envisage la création d'une esplanade, alors ce sera magnifique de l'appeler « Esplanade de Gao Xingjian ».

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Tag(s) : #actualités internationales
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