
Renault a annoncé 6000 suppressions de postes dans les prochains mois.
Certes ces décisions s'expliquent en grande partie par la volonté de satisfaire à court terme des actionnaires et donc d'augmenter les marges au détriment de l'emploi et de l'innovation.
Mais on ne peut penser l'évolution de la construction automobile et ses conséquences sociales indépendamment de la crise pétrolière, et de la lutte contre le réchauffement climatique.
L'industrie automobile doit s'adapter d'une part à la demande unanime de diminution des émissions de gaz à effet de serre et d'autre part à un pouvoir d'achat diminué par l'augmentation du prix des carburants.
Penser que demain sera comme hier revient à faire une fausse promesse aux salariés. Il faut au contraire mettre en place les politiques publiques de recherche, de formation professionnelle, de transports... qui répondent aux besoins de mobilité de personnes tout en divisant par 4 les émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050 comme le demande le GIEC et l'exige les équilibres climatiques.
Pour Les Verts, cette évolution passe d'abord par des politiques publiques en faveur des alternatives à la route comme le ferroviaire, les transports en commun et les modes doux. Mais une conversion de l'industrie automobile est aussi indispensable.
Il faut imaginer la voiture de demain : ce sera une voiture à faible consommation ou une voiture à énergies alternatives. L'instauration du bonus malus est là pour favoriser cette évolution et a déjà permis des résultats économiques convaincants pour le secteur des petites cylindrées.
Mais l'industrie automobile a tout intérêt à anticiper les évolutions fiscales et celles du marché qui sont inéluctables. Jusqu'à maintenant les constructeurs français ont été plutôt conservateurs en la matière : ils ont laissé passer l'opportunité des véhicules hybrides, ils ont peu investi dans les véhicules électriques et ils ont laissé partir chez le constructeur indien Tata une invention française prometteuse comme la voiture à air comprimé.
Enfin on peut imaginer un autre rapport à la voiture que celui de propriétaire particulier. Des services nouveaux comme la voiture partagée, parfaitement crédible pour les usagers occasionnels, surtout en milieu urbain ou le covoiturage, ne demandent qu'à se développer. Le succès de systèmes de prêts de vélo en ville comme « vélib » a montré que la réponse sociale était là quand un opérateur privé ou public osait se lancer.
Les Verts lancent aujourd'hui une invitation aux constructeurs et aux syndicats à discuter de l'avenir de l'automobile.
Jean-Louis Roumégas, Porte-parole