Une autre étude qui relève les effets pervers possibles du RSA, et les conditions à mettre en oeuvre pour que ce revenu complémentaire ne soit pas une incitation au passage à temps partiel des femmes.PARIS, 23 sept 2008 (AFP)
Le revenu de solidarité active (RSA) pourrait avoir plus d'"effets pervers" que positifs sur l'emploi, notamment en poussant des femmes à réduire leur temps de travail, voire à cesser de travailler, sauf s'il est accompagné d'autres mesures, selon une étude de l'OFCE publiée mardi.
Si les critiques à l'encontre du RSA portent notamment sur le caractère précaire et à temps partiel des emplois susceptibles d'être créés, "peu soulignent qu'en termes d'emploi, les effets pervers pourraient être plus importants que les effets désirés, engendrant une diminution du nombre d'heures travaillées", note l'Observatoire français des conjonctures économiques.
Pour l'OFCE, le RSA "ne peut avoir un effet incitatif à la reprise d'emploi que dans la mesure où le non-emploi des bénéficiaires de minima sociaux est volontaire". Or, selon une enquête récente de la DREES, 28% seulement des Rmistes ne recherchent pas d'emploi, rappelle l'étude.
Notant que "les problèmes de santé, de transport, de gardes d'enfants, le manque de qualification sont des freins au retour à l'emploi au moins aussi importants que le manque d'incitations financières", l'OFCE estime que "l'effet du RSA sur l'emploi des allocataires de minima sociaux pourrait être faible".
Le RSA pourrait même "encourager certaines femmes à réduire leur temps de travail, voire à se retirer du marché du travail", indique ainsi l'étude.
Pour les couples, "si le RSA rend le passage de l'inactivité à un SMIC plus rémunérateur, il réduit les incitations financières du travailleur secondaire, le plus souvent la femme" sachant que "lorsqu'il faut faire garder des enfants, le coût du retour à l'emploi peut-être important", précise l'observatoire.
Aux Etats-Unis, une mesure équivalente a "réduit d'un point le taux d'activité des femmes en couple", prévient-il.
Il serait possible de "réduire cet effet pervers du RSA en diminuant les frais de garde d'enfants et/ou en augmentant le nombre de places d'accueil collectif", ce qui lèverait "un des principaux freins à l'emploi des mères de jeunes enfants" mais "coûterait cher", ajoute l'OFCE.
Au final, le RSA "ne peut être efficace que s'il est accompagné d'un ensemble de mesures visant à réduire les freins au retour à l'emploi : service public de la petite enfance mais également contrats aidés, politiques de santé au travail, de transport, de formation continue", conclut l'étude.