
Vendredi 17 octobre, lors du dernier jour de l'examen par l'assemblée nationale du Grenelle 1, le rapporteur de ce projet, Christian Jacob, ancien syndicaliste agricole de la FNSEA, a proposé un amendement concernant la gestion de l'eau utilisée pour l'irrigation des cultures. Cet amendement vise à promouvoir la construction de gigantesques réservoirs d'eau aux fins d'irriguer la culture du maïs.
Ces ouvrages, dont certains se sont déjà implantés en Poitou-Charentes et Vendée, sont financés sur deniers publics. Ils bénéficient à une poignée d'agriculteurs pour arroser des centaines d'ha de maïs en monoculture, grand consommateur d'eau en été (2 000 m3 d'eau à l'hectare).
Ainsi, après avoir capté une prime irrigation dévastatrice pour l'équité sociale agricole, les lobbies du maïs, au premier rang desquels figure l'Association Générale des Producteurs de Mais, section spécialisée de la FNSEA) se verraient non seulement attribuer des millions d'euros de subventions pour construire des réservoirs remplis en hiver par pompage dans la nappes phréatique ou dans les rivières mais surtout décerner une reconnaissance « Grenelle » pour leur oeuvre sur la préservation de l'environnement !
La Confédération paysanne dénonce cette imposture visant :
- A faire payer à la collectivité pour les dégâts occasionnés par l'agriculture intensive
- A pérenniser un système inéquitable en termes social et environnemental
Le Grenelle de l'environnement s'était fixé comme objectif d'intégrer la prise en compte de l'environnement dans l'approche économique. On est loin du compte, puisque qu'au lieu de mettre fin aux dégâts de l'agriculture industrielle, le texte veut les légaliser et les étendre. On traite aux frais du contribuable les symptômes du mal sans en remettre en cause l'origine.
La Confédération paysanne va rapidement proposer aux sénateurs d'amender ce texte.
Contact : Jacques Pasquier : 06 72 44 14 83 et Bernard Breton : 01 43 62 10 32