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Ceux qui n'ont pas participé à la réunion sur le projet urbain le 15 novembre à la salle Pierre et Marie Curie ont vraiment loupé quelque chose !



Il s'agissait d'une rencontre du 4ème type, surréaliste en diable mais super organisée ; tentes à l'entrée si des fois il avait plu et grand jeu vidéo avec pas moins de trois écrans, sans compter ceux de contrôle.



Ah, voir notre maire en vrai et dupliqué ainsi, rien que ça valait le coup. Mais le meilleur était à venir.



On avait convoqué là de beaux esprits venus cachetonner, manifestement. L'un ne fit pas dans la dentelle. Michel Corajou, une sommité parmi les paysagistes urbanistes s'extasia sur la beauté sauvage de Bagnolet et d'une manière tellement insistante, faussement naïve que c'en était gênant.



Certes, Bagnolet recèle des chouettes coins mais aussi d'autres endroits carrément ratés. Sans flagornerie disait-il, et pourtant, son discours en était tellement empreint ! Le sommet de son intervention fut une sorte de jeu de mots digne de l'almanach Vermot ; Bagn Haut let et Bas gnolet. Fallait le faire ! Que disait-il par là ? : Il y a séparation de la ville entre le haut et le bas. On ne s'en était pas aperçu. Il fallait aller voir le haut aussi, d'accord, mais pour regarder le bas.



Pas une photo du haut habité, ni Jean Lolive, ni la copropriété de La Noue. Et puis cet esprit dilettante et bucolique en sortit encore une bien bonne, le haut serait une véritable réserve foncière ! Travail vite fait, travail bâclé, mais effet assuré sur un public conquis d'avance ou racolé par un phoning intensif. Inévitablement. Il conclut son compliment sur le tel et féerique, (tout le monde a le droit de faire des jeux de mots, non ?).



La précédente intervention de Laurent Davezies, notoriété du développement local, tenait en une idée, la culture pour l'emploi. Bagnolet, à l'exemple de Baltimore, pouvait devenir une ville dont le développement s'appuierait sur une sorte d'industrie de la culture. Vision totalement univoque, assez démagogique. Bien sûr la culture peut apporter sa contribution au développement de la ville, mais c'est d'une vision plus large, plus diversifiée, pas d'une lubie sortie du chapeau d'un prestidigitateur, dont elle a besoin. Et pas de boniments, surtout lorsqu'ils se terminent par la provocation gratuite : « La culture, je m'en fous, ce qui compte c'est l'emploi ». C'est sûrement comme cela qu'on va faire venir les artistes ! C'est du mépris, et il est bien triste de voir comment peuvent être utilisés les experts.



On a quand même appris que l'emploi quittait Bagnolet, qu'il ne profitait pas aux Bagnoletais, que nombre de cadres partaient et que les bobos qui selon certains menacent la ville populaire seraient peu nombreux, et pas riches, qu'on était une ville de pauvres et qu'il en fallait bien des comme ça. Accepter les pauvres, d'accord, mais se résoudre à la pauvreté ?



La perspective culturelle enthousiasma notre maire. Il partit au quart de tour, la fleur à la boutonnière pour parler, pêle-mêle, mais dans le vague le plus total, de danse ou de festival international du tag ou de développer le tourisme à Bagnolet. C'est vrai que ce type de réunion est une curiosité logomachique à faire connaître.



Puis ce fut l'apothéose : un maire-adjoint chargé d'un nombre de délégations comparable à celui des médailles constellant les poitrines des généraux de l'ancienne URSS, salua la victoire de Barak Obama, pourquoi pas, faudra voir, mais que cela venait-il faire ici ? Et bien, lecteur, vous le croirait si vous voulez, dans la foulée, il se prit carrément pour Martin Luther King. Il nous fit part de ses rêves, dont il nous donna la primeur. Nous étions comblés.



D'aménagement de la ville, de rénovation urbaine, de circulation urbaine, de logement, de voirie, d'infrastructures, des parkings supprimés pas question ou si peu. De la vie au quotidien, de la saleté habituelle et croissante évoquée par certains, rien. L'opération de renouvellement urbain, compromise mais pas à cause la gestion municipale calamiteuse de ce dossier, la faute à la crise et à Sarko. Comment ont donc fait les 30 quartiers du 9-3 qui vont en bénéficier ?



Rien de tout cela ne fut réellement abordé. Ca planait haut, très haut, là où se perdent à jamais les paroles inutiles
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Tag(s) : #Bagnolet et les dossiers en panne
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