Il y a dix ans, les escadrons de la mort du ministère des renseignements de la République islamique d'Iran déclenchaient une guerre secrète contre des opposants et des intellectuels iraniens.
En quelques mois, plusieurs d'entre eux étaient sauvagement assassinés. Ces crimes ont provoqué une vague d'indignation et, grâce à la persévérance des familles des victimes et de leurs avocats, cette affaire a pris une dimension internationale. Quelques lampistes du régime ont été arrêtés mais les commanditaires haut placés n'ont jamais été inquiétés. Les familles ont formulé une requête auprès des Nations unis afin que l'affaire ne tombe pas dans les oubliettes ou, pire encore, que les victimes soient sacrifiées au nom des intérêts d'Etat.
Le 29 novembre dans la grande salle de FIAP à Paris à peu près 250 personnes, la plupart des iraniens, ont commémoré le 10 ème anniversaire des assassinats. Les intervenants : l'épouse et les enfants de familles des victimes et aussi madame Shirin EBADI prix Nobel de la paix.
Souvent quand je raconte ce genre d'horreurs, certaines personnes me disent que cette situation malheureusement n'est pas unique et d'autres restent silencieux.
Comment ne pas s'indigner devant une telle tragédie ? Je me demande souvent si les Tribunaux et les instances internationaux ont toujours la force et l'influence nécessaires pour traiter les situations tragiques ?
Parastou Foroohar, dont les parents ont été sauvagement assassinés chez eux, nous a raconté lors de cette commémoration que cela fait 10 ans qu'à l'approche de la date d'anniversaire de l'assassinat de ses parents, elle est convoquée par la police pour qu'elle renonce à la cérémonie de deuil. Les gens qui se rendent ce jour chez eux, sont arrêtés par la police.
Impossible de le faire en Iran, cette année les familles des victimes ont décidé de faire la cérémonie de commémoration à Paris. Pour l'année prochaine ce sera dans une autre ville du monde, et l'année d'après une autre... Pourquoi ? Pour que l'on n'oublie pas ces horreurs.
Il ne faut jamais fermer les yeux devant ces sauvageries et effacer la mémoire.
Depuis hier je n'arrête pas de penser à toutes ces personnes que j'ai rencontrées en France, qui ont une certaine sympathie pour le régime iranien et qui souhaitent ce modèle pour leurs pays. Avec ces quelques lignes, je voulais exprimer mon sentiment et je m'interroge si on peut finir avec l'indifférence ?.