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La jeune femme, mise en examen dans l'affaire des sabotages sur les lignes TGV, reste cependant incarcérée en raison d'un appel en urgence du parquet.

Le juge d'instruction chargé de l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse a ordonné mercredi la remise en liberté d'Yldune Lévy.



Thierry Fragnoli, le magistrat qui a mis en examen la jeune femme le 15 novembre pour «destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste», a «signé aujourd'hui une ordonnance de remise en liberté sous contrôle judiciaire» d'Yldune Levy, a affirmé à l'AFP son avocat, Me Steeve Montagne.

«Je suis particulièrement heureux de cette décision, le juge a considéré que la libération d'Yldune ne pouvait pas nuire à la nécessaire recherche de la vérité dans le dossier», a-t-il souligné.



La compagne de Julien Coupat, chef présumé d'un groupe présenté comme anarcho-autonome, n'a cependant pas été remise en liberté en raison d'un appel en urgence interjeté par le parquet.



La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris devra donc statuer sur ce référé-détention avant de décider ultérieurement si Yldune Levy, âgée de 25 ans, doit être remise en liberté. Les dates d'audiences de cette procédure n'étaient pas connues dans l'immédiat.



Par ailleurs, le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, critique l'enquête sur les sabotages à la SNCF, estimant que les juges et les policiers sont instrumentalisés par le pouvoir.



Une telle démarche syndicale est rare concernant une enquête en cours.




"Dans l'affaire du 'groupe de Tarnac', l'instrumentalisation consentie de la justice - à la suite d'une opération de 'police réalité' opportunément médiatisée par la ministre de l'Intérieur - semble avoir atteint son paroxysme", écrit le Syndicat de la magistrature dans un communiqué.




Il critique aussi la décision du parquet, mercredi. "Tel un automate procédurier insensible aux réalités du dossier, le parquet antiterroriste s'est empressé de faire appel et de déposer un nouveau 'référé détention'", écrit-il.

Le syndicat y voit "la parfaite illustration des risques que comporte le transfert des compétences du juge d'instruction vers un parquet statutairement dépendant du pouvoir politique".




Les avocats des suspects et leurs proches parlent d'une "mascarade judiciaire" montée selon eux pour étayer la thèse d'une menace liée à l'expansion de groupes "d'ultra-gauche" radicaux, défendue par le ministère de l'Intérieur.




Cinq femmes et quatre hommes, âgés de 22 à 34 ans et habitant pour la plupart à Tarnac (Corrèze), sont mis en examen notamment pour "association de malfaiteurs, destructions en relation avec une entreprise terroriste".



Julien Coupat et Yldune Lévy, sa compagne, ont été écroués le 15 novembre et sont les seuls encore en détention.

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Tag(s) : #Droit de l'Homme
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