
Communiqué de presse conjoint avec Tunisie Verte du 6 février 2009
Les Verts français et tunisiens expriment leur indignation à l’issue du « procès » en appel des leaders du mouvement de contestation sociale de Gafsa auquel ils viennent d’assister les 3 et 4 février.
Les très lourdes condamnations (de 10 à 2 ans de prison) qui avaient été infligées en première instance ont à peine été allégées (8 à 2 ans de prison). Ce procès visait des militants qui n’ont eu d’autre tort que d’exprimer leurs droits citoyens en animant le vaste mouvement pacifique contre la corruption, le chômage, la cherté de la vie, pour le droit au travail et à une vie digne qui a vu le jour il y a un an dans le bassin minier de Gafsa.
Ce mouvement, bénéficiant d’un très large soutien en Tunisie, s’est heurté à une répression sauvage : bouclage de la région par des milliers de policiers qui y ont fait régner la terreur, tuant trois personnes, dizaines d’arrestations, pour aboutir à des simulacres de procès et à des condamnations iniques.
Les Verts français et tunisiens rendent hommage au courage et à la dignité de la trentaine de condamnés qui ont transformé ce procès en celui de l’usage systématique de la torture en Tunisie, donnant les noms de leurs bourreaux, montrant au tribunal les traces des tortures moyenâgeuses auxquelles ils ont été soumis, comme c’est la règle pour les opposants au régime dictatorial de Ben Ali.
Au cours du procès, aucun des arguments favorables aux accusés de « rébellion » n’a été pris en compte, malgré le très forte implication du barreau tunisien dont une trentaine d’avocats a plaidé. C’est à une parodie de justice qu’ont assisté les observateurs internationaux, parmi lesquels des délégués de la quasi totalité des syndicats et organisations de Droits de l’Homme françaises, ainsi que Patrick Farbiaz pour les Verts français. Malheureusement, la presse internationale n’a pas cru bon de couvrir ce procès et soulever ainsi la chape de plomb qui pèse sur la Tunisie.
Par ailleurs, Patrick Farbiaz représentant des Verts français, a été empêché par la police politique d’accéder au local de radio « Kalima » afin de s’entretenir avec Omar Mestiri, responsable du Comité national pour les Libertés en Tunisie. Non, Monsieur Sarkozy, l’état des libertés ne « progresse » pas en Tunisie.
Pour Les Verts Cécile Duflot, Secrétaire nationale
Pour Tunisie Verte Abdelkader Zitouni, Coordinateur national