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Dans notre France jacobine, il suffit de parler Breton, Corse ou Basque pour être suspecté d’être un anti-républicain ennemi de la Nation, quasi poseur de bombes de surcroît. Cette crispation face aux cultures minorées ne manque pas d’étonner au-delà de nos frontières.


Cette crispation française étonne ailleurs, parce que le sentiment d’appartenance à un pays ne signifie pas automatiquement la nécessité d'écraser toutes les cultures et histoires régionales. Les vieux nationalistes, à droite comme à gauche, nous enferment dans des carcans simplistes. Certains souhaitent réduire notre identité à notre lieu de naissance ou à de simples cartes plastifiées. Mais on peut se considérer tout à la fois comme française, banlieusarde, européenne, écologiste, femme, mère… Il n’y a pas d’ « Identité nationale » une et indivisible. Il y’a autant d’identités que d’hommes et de femmes sur cette planète.



L’Europe, loin d’être une prison des peuples, est au contraire un moyen de se libérer des contraintes artificielles que sont les frontières. En brassant et respectant toutes les cultures dans un cadre souple et large, elle permet à chacun de pouvoir exprimer son identité, tout en respectant celles des autres.



L’Europe en dépassant le cadre national, nous permet également de traiter efficacement des problèmes qui nous menacent tous. Le réchauffement climatique, pas plus que les nuages nucléaires, ne connaît pas les frontières. Les dramatiques inégalités Nord-Sud ne se résorberont pas si les pays riches se bunkerisent chacun dans leur pré-carré géographique. Et les réponses à la crise économique actuelle ne seront pas nationales.



Il est indéniable que plusieurs politiques qui ont été menées à l’échelle européenne ont été néfastes. Néfastes tant pour la planète que pour ses habitants. Mais Bolkenstein par exemple ne doit pas enterrer cette idée révolutionnaire qu’est l’Europe. L’Europe ne sera que ce que ses habitants en feront. Si ceux-ci soutiennent Berlusconi, Merkel et Sarkozy, l’Europe ne pourra que mettre en place des projets conservateurs ou d’inspiration libérale. C’est à eux, dans les urnes, de faire l’Europe de demain, une Europe contre les égoïsmes nationaux, une Europe des régions et des peuples solidaires, respectueuse et riche de nos histoires mais capable d’en construire une nouvelle, commune.



Cécile Duflot, secrétaire nationale des VERTS


L'Europe et le carcan des frontières
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Tag(s) : #Elections européennes 2009
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