
En 1966, la France n'a pas quitté l'OTAN mais le commandement intégré. Quitter le commandement intégré ne l'a pas empêché de participer à la guerre du Kosovo ou à la guerre en Afghanistan. Être dans le commandement intégré n'a pas obligé l'Allemagne à participer à la guerre de 2003 contre l'Irak.
Plutôt que de s'émouvoir du degré d'implication de la France dans l'OTAN, il faudrait s'interroger sur sa véritable légitimité. Pourquoi l'OTAN prend-elle trop souvent le pas sur une défense placée sous l'égide de l'ONU ? Pourquoi ne pas renforcer les casques bleus en leur donnant des moyens suffisants et une nouvelle légitimité, via une réforme de l'ONU favorisant l'Assemblée générale et un Conseil de sécurité réformé ? Le monde de 2009 n'est plus celui de 1948 : l'OTAN n'a plus de raison d'être.
Si l'Europe, et notamment l'Europe de l'Est, souhaite sortir de sa dépendance vis-à-vis de l'OTAN, il est également grand temps de construire la Défense européenne. Depuis l'enterrement par la France de la Communauté européenne de Défense, il y a plus de 50 ans, cette Défense reste le parent pauvre de la construction européenne. La politique européenne de sécurité et de défense (PESD) n'a toujours ni les moyens, ni l'ambition, de se substituer à l'OTAN. Il manque une volonté politique claire de la part de nos dirigeants pour porter ce projet.
Cette Défense européenne à construire ne devra pas oublier que le premier but d'une Défense est d'éviter les guerres. La politique de sécurité européenne doit ainsi reposer sur la prévention des conflits avec des moyens non-violents, en coopérant avec l'OSCE et l'ONU. Il faut créer un Corps civil européen de Paix (CCEP), qui interviendrait en amont, afin que les conflits ne dégénèrent pas en violence ouverte. L'Europe peut aussi être le bon échelon pour proposer un désarmement global.
Si tu ne veux pas la guerre, prépare la paix.
Cécile Duflot, secrétaire nationales des VERTS et porte-parole du rassemblement EUROPE ECOLOGIE