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Bien sûr il y a l’exploitation « ordinaire », celle du travail des femmes et des hommes qui crée la richesse ensuite si mal repartie. Celle qui précarise pour faire taire les revendications, entraver les mouvements sociaux, pour peser à la baisse sur le marché du travail. Dans cette galère de nombreuses femmes sont dans la soute, emplois peu qualifiés, précaires, mal payés, travail à temps partiel subi, comme celui de caissière de supermarchés, technicienne de surfaces, métiers dans lesquels la proportion des femmes est écrasante, avec comme seul horizon le SMIC. Une fois rentrées ce n’est pas fini. Malgré les progrès du partage des taches, la plus grande part du travail ménager reste à la charge des femmes.

Ailleurs, c’est souvent pire. Les femmes des pays lointains, si exotiques dans les magasines de voyages, ont une vie qui s’apparente souvent au travail forcé. Souvent méprisées, volontairement peu alphabétisées, elles sont en butte à une exploitation des hommes en général et de leurs conjoints en particulier. Un chercheur de l'Institut de recherche et développement (IRD) a entrepris depuis plusieurs années de chiffrer le temps de travail des femmes africaines. Ecrasées sous les tâches ménagères mais également sous les travaux des champs, elles commencent à piler le mil avant l’aube, et finissent de travailler sous les étoiles. Pendant ce temps, le plus souvent, les hommes mènent une vie paisible. Ils se font servir par leurs femmes, leurs enfants, mais toutes les tâches ménagères leurs sont étrangères : chercher l’eau, le bois de feu, faire la cuisine, laver le linge, garder les enfants, nourrir le petit bétail… Selon l’étude citée, si le labeur des femmes pouvait être comptabilisé en Afrique « il générerait une hausse de 50 à 100 % du produit intérieur brut » (2).  Pliant sous la charge de travail, les femmes peuvent difficilement avoir une activité économique pour améliorer l’ordinaire, s’occuper convenablement de leurs enfants ; l’aménagement de bornes-fontaines dans les villages diminue la mortalité infantile, non pas à cause de la meilleure qualité de l’eau, mais parce que les femmes ont plus de temps pour prendre soin de leurs nourrissons !

Mais ces femmes se battent. Il faut avoir vu voir la semaine dernière à la télévision, l’histoire de ces Kenyanes qui, pour se protéger des viols des soldats d’une garnison anglaise proche et de leurs maris qui les avaient répudiées de ce fait, ont construit un village interdit aux hommes, parce que leurs maris étaient jaloux de leur réussite et que les soldats anglais continuaient leurs exactions sexuelles (3).

Il fallait voir le 10 mars sur France O ces femmes marocaines maltraitées, humiliées, mais décidées, faire la queue pour connaître les modalités du divorce, pour récupérer quelque chose après avoir été répudiées sans même que leurs hommes les en aient informées, pour que la réforme du code de la famille, la Modawana, instituée par le gouvernement puisse être appliquée. Et, ces autres femmes marocaines travaillant à décharger des camions de poissons pour 1 € par jour à qui le chef interdisait violement de chanter, bêtise des lâches ! Au 21ème siècle Les femmes subissent encore dans le monde une surexploitation

inadmissible, leur combat doit être celui de tous, des hommes aussi, surtout ! Le 8 mars c’est tous les jours !



(1)C’est ainsi que les femmes étaient désignées du temps de Mao, sombre période mais belle l’expression.


(2)Le Monde daté du dimanche 8 mars et du lundi 9 mars. Etude menée par M. Charmes, directeur de recherche à l’IRD.


(3 )http://www.dailymotion.com/video/xsnd2_umoja-le-village-interdit-aux-homme_travel




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Tag(s) : #Les mobilisations citoyennes
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