
La crise est elle une fatalité ?
La crise est là et elle nous oblige à penser et repenser des tas de choses. Donc, l'issue n'est pas fatale. Il faut d'abord répondre à certaines catégories de personnes et en même temps, il faut répondre par un projet de transformation de la société pour ne pas recommencer la même dynamique, le même cycle de crise.
Selon vous, la réponse à cette crise passe par l'Europe ?
Oui, c'est une des réponses à cette crise. Je crois que par l'Europe, on peut avoir une réponse positive à cette crise.
Sur quels grands axes ?
Sous l'axe de la transformation écologique de notre mode de production. C'est un investissement européen qui développe la connaissance et donne la possibilité d'inventer de nouveaux modèles de production et de changer nos modes de vie.
Dans votre livre, vous consacrez un chapitre utilisant une métaphore de l'abeille et du pollen. Pouvez-vous nous en dire plus.
D'habitude en économie, on parle de la cigale et de la fourmi. La cigale qui dépense et la fourmi qui travaille. Une abeille, ce n'est pas simplement une abeille qui produit du miel. Non, c'est l'abeille qui pollenise, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose dans l'activité de l'abeille qui est incommensurable. La pollenisation est la base de la vie, Einstein le disait déjà. Et aujourd'hui la connaissance est justement incommensurable. La pollenisation, ça donne la possibilité du développement de la vie. Et c'est pour ça que je dis qu'on entre dans la société de la connaissance, dans l'économie de la connaissance. Le symbole pour moi de ces capacités extraordinaires, c'est l'image de la pollenisation de l'abeille.
Et concernant votre idée de logiciel libre au service de la collectivité.
Justement, au contraire de Microsoft, les logiciels libres, c'est tout le monde qui travaille à développer le logiciel pour s'en servir. Et ça, c'est contre les brevets etc. Le logiciel libre, c'est la collectivité de la création, et ça c'est formidable !
Petite question sur une information pratique qui apparait dans votre livre concernant le système d'imposition que vous prônez. Vous souhaitez prélever l'impôt sur les transactions et non sur la consommation ?
Oui. La consommation, ça frappe les plus démunis, le travail aussi. La circulation, je donne l'exemple pour le budget européen. Si on taxe chaque coup de téléphone à 0,1%, vous aurez des revenus équivalents au budget européen actuel. Techniquement, ce n'est pas un problème. Sur ce qui vous est comptabilisé, on enlève 0,1%, pas à vous, mais à Orange, Bouygues ou SFR, qui va directement dans le budget européen. Et puis vous avez la même chose sur la circulation de l'argent. Quand quelqu'un met de l'argent en banque pour spéculer, je propose qu'automatiquement il paye 0,01% de contribution, par exemple au budget français.
Concernant la manifestation d'hier, pensez-vous que Nicolas Sarkozy va entendre les réclamations qui s'élèvent d'un mouvement populaire comme celui-là ?
Je crois qu'il n'entend pas bien pour l'instant. Ça dépend aussi de l'évolution du mouvement. On ne sait pas comment ça va se développer dans les universités. Mais on est quand même au bord de la rupture avec ces réformes. Ça n'avance pas. Il recule, il avance, il recule. Le pouvoir politique est fortement affecté dans tout ça.
www.europeecologie.fr - élections européennes du 7 juin 2009
