
Réaction presse de Cécile Duflot du 24 avril 2009
Le discours qu’a prononcé Nicolas Sarkozy ce matin a un goût de remâché. On se souvient de ses mesures pour l’emploi, annoncées à Rethel le 28 octobre dernier. Depuis, il y a eu chaque mois de 80.000 à 100.000 chômeurs supplémentaires.
Pour lutter contre le chômage et le désespoir des jeunes, le Président ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30 ans, on ne cesse d’accorder contrats aidés, primes et baisses des charges aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance.
La question méritait plus d’audace. Aujourd’hui, un jeune ne doit surtout pas perdre une année d’étude, au risque de perdre bourses et soutien familial. Il doit continuer à vivre chez ses parents ou dans des chambres de 9 m2, faute de logements suffisants, notamment en cité universitaire. Il doit accepter des contrats précaires et des stages payés 300 € sans perspectives d’un CDI avant l’âge de 30 ans. Comment s’étonner ensuite du pessimisme d’une génération qui aura à affronter tous les problèmes que ses aînés lui ont laissés (environnement, climat, retraites, dette,...) ?