
Lundi 27 avril, c’est la crise à l’école maternelle Jaurès : 3 ATSEM sont absentes ainsi que trois animateurs et personne n’est remplacé ! Du coup, ce sont les institutrices qui assurent le service de la cantine... Et l’école élémentaire n’est pas mieux lotie car il n’y a personne pour assurer l’accueil matinal à 7h30.
Une situation qui est générale à Bagnolet et qui ne doit rien au hasard. En effet, le même jour, les directeurs d’école sont avertis que « cette semaine les agents absents sur vos sites sur le temps de la restauration scolaire ne seront pas remplacés. De nouvelles dispositions sont mises en place : plus de remplacements d’agents d’animation en maternelle, les ATSEM ont dans leur mission l’encadrement du temps de restauration, étude des remplacements au cas par cas en élémentaire ».
Le maire de Bagnolet assume complètement la responsabilité de cette situation, reprenant des propos déjà tenus lors d’un récent conseil municipal. « C’est à ma demande que la décision a été prise de ne pas remplacer les arrêts maladies ou les absences du personnel communal. J’estime que les moyens existent suffisamment à Bagnolet pour organiser le travail du personnel lorsque les circonstances le requièrent. En l’occurence les absences enregistrées dans l’école Jaurès ce matin comme dans tous les autres services de la ville. La mairie de Bagnolet met 1,2 ATSEM a disposition de chaque classe. Pendant qu’au Pré Saint Gervais il n’y en a que 0,5. »
Mais d’où sortent les chiffres donnés par le maire ?
En réalité, il y a 59 classes de maternelle à Bagnolet et 42 postes d’ATSEM budgétés dont 38 seulement sont pourvus. Ce qui donne 38/59= 0,64 ATSEM par classe, ce qui est très loin des 1,2 annoncés ! mais à peu près équivalent au 0,5 du Pré Saint Gervais (un chiffre à vérifier cependant, vu l’intention politicienne du propos et le peu de fiabilité des chiffres concernant Bagnolet). Et sur le terrain, il y a en a beaucoup moins encore que ne l’indique ce taux de 0,64 ATSEM par classe car un certain nombre sont absentes.
Comment expliquer une telle bévue ? Plusieurs hypothèses sont envisageables.
Première hypothèse : à Sciences Po, le maire n’a pas appris à faire une division à deux chiffres et il ne peut pas remplacer les piles de sa calculette à cause des restrictions budgétaires.
Deuxième hypothèse : il s’est trompé de ligne et il a confondu avec l’augmentation des indemnités des élus
Troisième hypothèse : la direction des écoles de la ville ne lui a pas communiqué le nombre de classes de maternelles et le direction du budget ne lui a pas communiqué le nombre d’ATSEM. Il expliquera donc dans un prochain article du Parisien que c’est la faute du personnel communal.
Plus sérieusement, la situation dramatique des écoles de Bagnolet est inscrite dans le budget communal 2009. Les « charges » de personnel dans le domaine de l’école y ont été réduites de 5,3%. Le budget de fonctionnement consacré à l’école a reculé de 6,6%. Bref la crise vécue dans les écoles est la conséquence directe des choix effectués par le maire et sa majorité (PCF, PG et LO) !
Question subsidaire : mais où est donc passé le maire adjoint chargé des écoles ? Nic Pirolli qui fût un directeur d’école très apprécié et le dirigeant pugnace du syndicat des enseignants de Bagnolet pendant de nombreuses années, se fait plus rare dans les établissements scolaires depuis qu’il a pris ses nouvelles fonctions. Qu’il entende ici le cri qui monte des écoles : Nic, reviens, ils sont devenus fous !
Ecoles de Bagnolet, la pénurie au quotidien