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Texte publié sur le site www.cac93.org.

La tarification de l'accueil du soir a été décidée en toute discrétion au conseil municipal ...du 23 juin ! Coup double : les familles vont payer davantage et le service sera réduit !!!


Quels sont les arguments présentés par le maire et sa majorité pour justifier ce mauvais coup contre le pouvoir d'achat des familles ?
« En comparant les taux de fréquentation de l'accueil matinal et du soir, on constate que la fréquentation est du simple au sextuple. Force est de constater que ce temps d'accueil est considéré par la majorité des familles comme un simple mode garde. La gratuité de l'accueil accentue considérablement la fréquentation. » (extrait de la notice municipale N°11 présentée au CM du 19 juin 2008)


En réalité, ce qui explique la différence de fréquentation entre l'accueil matinal et celui du soir, c'est que les parents s'organisent autant que possible, pour ne pas réveiller leurs enfants plus tôt que nécessaire le matin et pour ne pas les laisser à l'école avant l'heure de début des cours. Ils n'utilisent l'accueil du matin que s'ils n'ont vraiment pas d'autre solution. Et cela a une conséquence logique pour celles et ceux qui travaillent : s'ils laissent leurs enfants à l'école le matin à 9h, ils ne peuvent pas revenir les chercher à 16h30 et ils utilisent donc l'accueil du soir. A cela, il faut ajouter que la généralisation de l'accueil matinal est récente à Bagnolet (et due à l'action des parents FCPE) et l'accueil matinal ne bénéficie pas de beaucoup de publicité de la part de la mairie, c'est le moins que l'on puisse dire !

L'accueil du soir est effectivement un mode de garde, en particulier pour les parents salariés, et alors ? Où est le problème ? Pourquoi s'en prendre une fois de plus à la France qui travaille ?


La gratuité augmenterait de façon considérable la fréquentation, c'est le credo libéral bien connu : la gratuité inciterait au gaspillage, il faudrait donc tout faire payer : aujourd'hui l'accueil du soir... et demain l'école ? Les services publics ne sont-ils pas déjà financés par nos impôts, pourquoi veut-on nous faire payer une seconde fois ? Que fait-on de notre argent ? A quoi est-il utilisé ?


Lutte ouvrière qui -comme la droite- a voté cette décision antipopulaire au conseil municipal, a expliqué sans rire qu'il s'agissait de « faire payer les riches » ! Les plus bas revenus ne subiraient pas la hausse. Mais regardons de plus près.... D'abord, plus de 80% des familles dont les enfants fréquentent l'accueil, utilisent ce service uniquement le soir. Pour tous ceux-là, quelque soit leur revenu, il y aura un surcoût supplémentaire ! Selon le quotient familial, cette ponction ira de 3€ par mois et par enfant à 60€ par mois et par enfant ! A partir de la tranche 8 du quotient familial, il faudra débourser au moins 25€ de plus par enfant chaque mois : plus de la moitié des familles sont concernées ! C'est ça, « les riches » ?


Attention une hausse peut en cacher une autre.


Non content de faire payer l'accueil du soir, le tarif de l'accueil du matin va augmenter pour près de la moitié des familles. Jusqu'à présent, l'accueil matinal était facturé 1,40 € par jour pour le premier enfant (et 1,20 pour les suivants). A partir de la tranche 9 du quotient familial, il va passer à 1,45€ par jour et par enfant !


Quant à ceux qui utilisent à la fois l'accueil du matin et celui du soir, dès la tranche 5, ils verront leur facture augmenter ! Au final, plus de 90 % des familles vont donc payer davantage chaque mois. Visiblement « les riches » sont encore plus nombreux à Bagnolet qu'à Neuilly-sur-Seine ! La droite sarkozyste ne s'y est pas trompé : elle a voté POUR cette mesure antipopulaire, tout en regrettant que la hausse ne s'applique pas aussi aux plus démunis... La majorité municipale a flotté quelques instants avant de voter comme u seul homme ! Seule l'opposition de gauche a dénoncé une mesure antisociale ( Lire l'intervention de Christiane Pesci au nom du groupe des élus du PS, des Verts et du CAC 93).


Injustice sociale : toujours plus.


La recette supplémentaire attendue pour les finances communales est (toujours selon la notice N°11) de 70 000€. Faire payer toujours plus les BagnoletaisEs, c'est donc le seul moyen qu'a trouvé le maire pour faire face à la situation budgétaire catastrophique de la ville. Ce n'est pas un cas isolé, mais bien une orientation générale, déjà mise en oeuvre avec le doublement de la taxe communale d'assainissement (Lire l'article 100% d'augmentation, qui dit mieux ?) D'un point de vue social, augmenter les contributions indirectes est particulièrement injuste. Mais la justice sociale ne fait pas partie des priorités politiques du maire !


Service public : encore moins.


Toujours selon la notice N°11, « la tarification de l'accueil du soir permettrait une meilleure gestion de l'accueil tant sur le plan fonctionnel, organisationnel que financier. En cas de non gratuité de l'accueil du soir, le service enfance envisage une meilleure gestion des effectifs favorisant la mise en oeuvre de projets tout en améliorant la qualité du travail pédagogique mené auprès des enfants. »


On revoit ici apparaître la rengaine libérale, selon laquelle l'usager doit payer le prix et devenir un client ; ce serait la condition pour obtenir un service de qualité. Mais ce faisant, le document reconnaît que le service rendu par les centres de loisirs n'est pas à la hauteur. Un constat sur lequel les parents et les enseignants n'ont cessé d'attirer l'attention, devant la multiplication des incidents et la dégradation constatée dans de nombreuses écoles, tout au long de l'année 2007/2008. Là, il y a une vraie question. Qui appelle de vraies réponses concernant le recrutement et la formation du personnel.


Mais le maire et son équipe préfèrent se défausser sur les parents en instaurant un système ubuesque et bureaucratique d'inscription (Lire l'article Le budget de la ville boit la tasse, les enfants et les familles trinquent. qui devrait permettre, selon l'adjointe déléguée à l'enfance, « de ne pas jeter les 7000 repas confectionnés en trop chaque année par la cuisine municipale » Vraiment ? En réalité, cela permettra surtout de les faire payer aux familles dont les enfants auront un empêchement pour se rendre à la cantine. Les repas seront quand même jetés... (Le chiffre de 7 000 se veut impressionnant mais il doit se rapporter aux repas servis annuellement, au moins 400 000 selon une estimation grossière).


Vous ne voyez toujours pas en quoi la tarification de l'accueil du soir et la hausse du tarif de l'accueil du matin vont améliorer la qualité d'un service déficient ? Patience, la réponse se trouve dans la note du 11 juin à la commission municipale « un service public moderne de qualité » (sic) qui révèle crûment des intentions très inquiétantes. « En cas de non gratuité de l'accueil du soir, le service enfance envisage un tassement de la fréquentation qui aura pour conséquence une baisse du nombre d'agents d'animation nécessaires aux encadrements. Ces agents pourront alors être redéployés sur les autres accueils, et ce, afin de remplacer les agents absents. Compte-tenu de la baisse des effectifs , des nouveaux espaces seront libérés, favorisant la mise en oeuvre de projets tout en améliorant la qualité du travail pédagogique mené auprès des enfants. »


Très clairement, la municipalité mise sur une réduction du service rendu. Une réduction que rien ne justifie du point de vue des besoins réels de la population. Au contraire, si les parents se sont battus pendant des années pour la création puis l'extension de l'accueil matinal à Bagnolet, c'est que les besoins sont de plus en plus importants, avec la multiplication des horaires de travail décalés. Rien ne permet de démentir ce besoin croissant d'un accueil de qualité. Sauf que la municipalité lui tourne délibérément le dos.
Mais où sont passés les défenseurs du service public ?


Selon la municipalité, cela permettrait aussi de remplacer le personnel absent ! Une recette que la maire pourrait suggérer au ministre de l'Education nationale qui n'arrive pas à remplacer les enseignants absents : faîtes payer l'école, comme cela il y aura moins d'enfants et les enseignants ainsi libérés, pourront remplacer leurs collègues absents ! L'énormité du propos est révélatrice de l'énormité du dérapage politique du maire (PCF) de Bagnolet.


Avec cette « modernisation » du service public se dessine une réduction des effectifs du personnel : combien de licenciements sont prévus en cette rentrée parmi le personnel communal affecté aux écoles de Bagnolet ? Outre les 70 000€ de recettes supplémentaires, extorqués aux familles, le maire compte aussi réduire de cette façon des dépenses de fonctionnement qui se sont encore emballées avant les élections. Ni vu, ni connu.

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Tag(s) : #Bagnolet et les dossiers en panne
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