Au cours de sa campagne, Barack Obama s'était engagé à modifier radicalement la politique des Etats-Unis vis-à-vis du changement climatique. Le nouvel élu vient de le confirmer spectaculairement en annonçant deux orientations fortes : le retour "énergique" de l'administration américaine dans les négociations internationales pour "aider à guider le monde vers une nouvelle ère de coopération mondiale sur le changement climatique" et la fixation d'un objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les Etats-Unis (stabilisation au niveau de 1990 d'ici 2020 et réduction de 80 % en 2050).
Dans un message vidéo inattendu, diffusé mardi 19 novembre en Californie à une réunion internationale consacrée au changement climatique, Barack Obama a souligné que sa présidence "ouvrira un nouveau chapitre dans la direction que prendra l'Amérique sur le changement climatique, qui renforcera notre sécurité et créera des millions de nouveaux emplois en même temps". "C'est le moment de faire face à ce défi une fois pour toutes, a-t-il ajouté. Attendre n'est plus une option. Le déni n'est plus une réponse acceptable. Les enjeux sont trop élevés, les conséquences trop graves (...) La science ne se discute pas et les faits sont clairs".
Ses propos ont été accueillis triomphalement par les participants à la conférence. Les 800 délégués se sont levés à la fin du discours pour une ovation de près d'une minute. Certains participants, militants de la lutte contre le réchauffement, se sont embrassés tandis que d'autres essuyaient des larmes de joie, ont constaté les journalistes présents.
Cette déclaration du nouveau président des Etats-Unis intervient au moment où les Nations unis ont rendu public l'inventaire des émisions de gaz à effet de serre du monde industrialisé. Celles-ci ont connu une hausse inquiétante depuis 2000. Les 40 pays les plus industrialisés - dits pays de l'Annexe 1, signataires de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) - ont en effet augmenté leurs émissions de 2,3 % en moyenne entre 2000 et 2006.
Les plus mauvais élèves sont l'Australie (+ 28,8 %), le Canada (+ 21,7 %), les Etats-Unis (+ 14,4 %) ainsi qu'en Europe l'Espagne (+ 50,6 %) et le Portugal (+ 40 %). La deuxième puissance économique mondiale, le Japon, qui devait réduire ses émissions de 6 % en 2012 par rapport à 1990, les dépasse de 6 %. Malgré la mise en place d'un marché du carbone (sans plafond de quotas), les émissions ont encore augmenté de plus de 2 % l'an dernier.
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