Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité



Il est trop tôt pour connaître les conséquences à long terme de l'offensive israélienne sur l'avenir de la région. Mais il est possible d'affirmer que cet évènement prendra place comme l'un des épisodes les plus sanglants de la guerre de 60 ans au Proche-Orient. Pendant plusieurs semaines, une armée moderne n'a pas hésité à bombarder des populations civiles au motif de lutter contre l'envoi d'obus de mortier lancés par le Hamas et d'autres groupes. Nous n'oublierons jamais ces 1 315 morts, ces 5 300 blessés.



Le Hamas n'est pas dirigé par des enfants de cœur. Après avoir été élu démocratiquement, il n'a pas hésité à liquider militairement le Fatah de la bande de Gaza. Son modèle social s'aligne sur une stricte observance de la Charia, mais rien ne pouvait justifier que pour lui porter des coups, Israël fasse tomber sur l'ensemble des Gazaouis ce déluge de feu.



Les soldats qui ont participé à cette offensive sont les petits-fils des femmes et hommes qui ont péri dans les camps de concentration après avoir croupis dans les ghettos d'Europe centrale. Ce constat fait frémir et montre que, par delà les générations, on apprend rien de la souffrance, les victimes peuvent enfiler, sans états d'âme apparents, les habits des bourreaux. Apparemment.



Allez voir ce film déchirant, « Valse avec Bachir » qui montre les dégâts qu'ont causé dans la conscience de soldats israéliens la complicité de l'armée israélienne lors du massacre des camps de Sabra et Chatila en 1982 au Liban. Le film se termine par une scène bouleversante filmée sur les lieux même de ce crime et qui montre des femmes découvrant leurs proches assassinés dans les ruines de leur maison. Vision prémonitoire de ce qui vient de se passer 26 ans plus tard, mais cette fois-ci les assassins sont Israéliens. Il faudra bien un jour que les dirigeants israéliens qui ont ordonné et participé à ce massacre rendent des compte aux Palestiniens et à une communauté internationale qui s'est montrée une fois encore veule et impuissante quand elle n'était pas complice.


Dans ce concert de douleur et de désespoir, il faut quand même noter le courage d'une poignée d'israéliens, qui, bravant les pressions, ont manifesté en Israël contre ce massacre. Ils étaient 6 à 8 000 à Tel-Aviv, isolés, conspués, menacés mais qui portent l'honneur de ceux qui ont le courage de s'opposer, au cœur même de cet Etat bourreau. En France, l'Union des Juifs pour la Paix (UJFP) porte ce même combat avec tous les autres acteurs de la lutte pour que vive un jour la Palestine.



Ce conflit douloureux a des conséquences planétaires. Il sème la haine et le ressentiment dans les populations du monde musulman. Il indigne et mobilise tous ceux qui se battent sans relâche contre ce conflit inique. A Bagnolet, l'Appel des cent qui a été à l'origine des contacts avec le camp de réfugiés palestiniens au Liban, poursuit un travail de longue haleine de solidarité et d'explication sur le conflit.


C'est dans ce contexte qu'on observe ce qu'il faut bien appeler des tentatives de récupération du mouvement de solidarité. Le Maire et ses soutiens, englués dans une situation financière catastrophique- dont ils sont les seuls responsables - utilisent ce conflit pour tenter de se refaire une virginité.

Ils multiplient les initiatives partisanes qui fleurent le communautarisme. La dernière en date, la récente visite du Maire et de son chef de cabinet à Gaza sent la récupération à plein nez.




L'AJN n'est pas dupe. Cette association des jeunes de Bagnolet, se méfie très clairement des tentatives d'instrumentalisation dont elle est, de longue date, l'objet de la part du Maire et d'autres milieux.




Lors du meeting qu'elle organisait jeudi 22 janvier toutes ses interventions allèrent dans le sens de la nécessité d'un soutien à la Palestine qui se démarque sans ambigüité des démarches religieuses, communautaristes et de toute tentation d'antisémitisme. « Nous ne combattons pas les juifs, nous combattons l'Etat d'Israël ». Ceci était très clair.



L'était moins l'intervention de l'un des participants qui prôna la destruction d'Israël émaillé d'un «Inch Allah» final. La réponse qu'il fit à l'un des intervenants qui s'étonnait de cette position fut loin d'être satisfaisante. Ce fut le seul dérapage - certes d'importance - de la soirée.



Il émanait, sans doute (mais sans certitude) d'un membre de l'association des Indigènes de la République. Ce mouvement, crée en 2005 développe l'idée selon laquelle les fils des immigrés noirs et maghrébins restent des colonisés dans une France hexagonale qui reste coloniale. Cette idée très discutable n'est que l'ombre portée du concept de guerre des civilisations qui anime les dirigeants israéliens notamment ; l'occident est en guerre contre le monde musulman et Israël occupe les avant-postes. Mais les indigènes ont pu naître du fait de l'abandon total, par les partis de gauche et des syndicats, de la bataille prioritaire contre de toutes les discriminations honteuses qui touchent les enfants issus de l'immigration. Combattre ces discriminations est un devoir impératif.





Par delà les épisodes complexes et regrettables des rendez-vous manqués, des appels séparés, apparaît la nécessité de rassembler l'ensemble des acteurs qui défendent le droit des Palestiniens à vivre en paix dans un pays aux frontières justes et reconnues. Dans ce combat l'Appel des cent occupe une place incontournable et l'AJN apporte une contribution tonique et originale.


Publicité
Tag(s) : #actualités internationales
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :