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Le député Verts Noël Mamère, dont le groupe a décidé de boycotter le congrès de Versailles, explique les raisons de ce choix.

Les parlementaires Verts (quatre députés et cinq sénateurs) ont décidé mardi de boycotter le Congrès de Versailles, devant lequel doit s'exprimer Nicolas Sarkozy, comme le lui autorise la révision constitutionnelle de juillet 2008. Le député-maire de Bègles (Gironde), Noël Mamère dénonce une «mascarade» et une «coup médiatique» de Nicolas Sarkozy qui «efface littéralement le Premier ministre et son gouvernement».



Pourquoi avoir décidé de ne pas vous rendre à Versailles lundi prochain ?


Nous avions voté contre la réforme des institutions, donc nous nous inscrivons dans une logique. Et malgré cette réforme, nous ne sommes pas entrés dans un régime présidentiel: contrairement au système américain, le président de la République n'est pas responsable devant le Parlement, mais le Premier ministre. Nous voulons que soit respecté l'esprit de la Ve République, en refusant cette incongruité institutionnelle et politique. Les représentants du peuple n'ont pas à se livrer à cette mascarade, à ce coup médiatique où Nicolas Sarkozy, deux semaines après les élections, va tenter de tirer avantage du score de l'UMP.



Le principe d'un débat suivant l'intervention du chef de l'Etat n'a donc pas suffi à vous amadouer.


Les sénateurs et les députés vont être convoqués, à grands frais, pour lui faire la claque. Et, tel une armée des ombres, ils vont discuter... de rien puisque le Président pourra s'en aller dès qu'il aura fini son discours. Un débat doit se faire au Sénat ou à l'Assemblée nationale, face au Premier ministre. D'autant que le remaniement ministériel doit intervenir peu après. Le Premier ministre devra donc faire, dans les jours qui suivent, un discours de politique générale, sanctionné par un vote. A quoi servira cette déclaration puisque Nicolas Sarkozy aura parlé avant? Il s'agit encore d'une dérive de pouvoir personnel: Sarkozy efface littéralement son Premier ministre et son gouvernement.




Au PS, qui hésite encore sur sa participation au Congrès, certains mettent en garde contre la «politique de la chaise vide». Boycotter ne relève-t-il pas de l'ansisarkozysme primaire ?


A force d'hésiter, les socialistes vont finir par disparaître. Et s'il y avait déjà plus d'antisarkozystes à gauche, on n'en serait peut-être pas là aujourd'hui. C'est avant tout une question de respect: pourquoi devrions-nous apporter notre caution à ce coup médiatique alors que depuis la révision constitutionnelle, on s'est attaché à réduire les pouvoirs du Parlement.



Par exemple.


J'en citerai deux. Le Conseil constitutionnel a littéralement torpillé la loi Hadopi au fond. Dès qu'il a eu connaissance de ce camouflet sans précédent, le président de la République a publié la partie non sanctionnée au Journal officiel, sans faire repasser l'ensemble devant le Parlement.
Le second bras d'honneur est le projet de loi Bachelot sur l'hôpital qui a été complètement détricoté par le Sénat et n'a pas été présenté en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Alors que les pouvoirs du Parlement sont escamotés, qu'on se fait taper dessus, on ne va pas aller tendre le dos pour recevoir d'autres coups de bâton au Congrès.


www.liberation.fr

Tag(s) : #actualités nationales

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