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pascal durandInterview de Aurélien Gaudriot sur gazetteinfo.fr

 

Pascal Durand, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, plaide pour la réduction des déficits. Mais pour lui, l’objectif à très court terme des 3 % n’est pas tenable.

 

La question de la réduction du déficit public est omniprésente. Comment parvenir à l’objectif des 3 % en 2014 ?

 

Pascal DURAND : Je partage l’objectif de réduction du déficit. Verser tous les ans des dizaines de milliards d’euros – 60 – au service de la dette, ce qui équivaut presque au budget de l’Education Nationale, ce n’est pas tenable. Nous ne pouvons pas continuer dans cette logique déficitaire. Il faut une gestion saine et rigoureuse. Nous sommes tout à fait en phase avec ce principe. Par contre, l’objectif forcé et immédiat des 3 % n’est à notre avis pas la meilleure solution. C’est un objectif qu’il faut atteindre, mais d’ici 2014, cela me semble parfaitement impossible.

 

Pourquoi ?

 

Parce que le prix à payer pour le tenir est insupportable ! Il faudrait, comme dit l’expression, que le malade meure guéri. Il n’y a pas de croissance, et ajouter de l’austérité serait une très mauvaise idée. Il faut faire preuve d’intelligence et d’équilibre. Nous n’arriverons pas à 3 % l’année prochaine, et ce n’est pas dramatique. L’essentiel, c’est d’abord de stabiliser ce déficit, puis de le baisser et d’arriver si possible à l’équilibre à la fin du quinquennat de François Hollande.

 

Cela passe par des économies…

 

Bien sûr. Il faut faire des économies. On peut par exemple éviter de perdre 8, 9 ou 10 milliards d’euros à construire des réacteurs EPR qui ne se vendent pas. On pourrait également économiser les trois milliards d’euros que coûte chaque année la modernisation de la force de frappe et réaffecter une partie de cette somme aux troupes françaises engagées à l’étranger, souvent avec du matériel insuffisant. Autre exemple, la diminution des budgets de certains ministères. Je ne suis pas d’accord pour que l’on retire les mêmes sommes à des ministères sous-dotés et à ceux qui sont bien dotés et surtout sans définir les grandes priorités ! Cécile Duflot, la ministre du Logement, prépare une loi sur le logement et l’isolation thermique. Il faut aller au bout de cette loi importante. Il faut maintenir le cap sur les investissements nécessaires.

 

Le député socialiste Jean-Marie Le Guen est persuadé que l’âge légal de départ à la retraite sera à terme fixé à 62 ans. Partagez-vous cet avis ?

 

Il faut laisser les partenaires sociaux travailler. Les choses évoluent, et la question des retraites est un vrai chantier. Nous avions dit qu’il fallait réformer les retraites. Il faudra tenir compte également de la pénibilité de certains métiers. Il y a des gens qui ont commencé à travailler très tôt, et il faut accepter qu’ils partent plus vite à la retraite. Mais l’échec de la France, c’est la passation de fin de carrière. Pourquoi toujours un départ brutal à 60 ans, plutôt que de passer par l’intermédiaire du travail à mi-temps, ce qui contribuerait à aider à la formation des jeunes 

 

La réforme de la justice, à propos de la question sur la récidive, vous paraît-elle opportune ?

 

Christiane Taubira, après les nombreuses réformes engagées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, remet la France à niveau. Sous le gouvernement précédent, il y a avait presque une loi à chaque fait divers ! En France, les prisons sont surpeuplées, et toutes les conditions pour la récidive sont réunies. Un petit délinquant peut devenir un vrai caïd à sa sortie de prison. La sanction est nécessaire, la prison également, mais dans certains cas, il faut savoir trouver des alternatives au milieu carcéral. Il faut des moyens supplémentaires et des mesures d’accompagnement. La ministre de la Justice fait son travail. Par contre, je trouve que Manuel Valls ne devrait pas mettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy ou de Brice Hortefeux…

 

Les Suisses, lors d’une récente votation, ont opté pour le plafonnement des revenus des patrons. Jean-Marc Ayrault, le Premier Ministre, a semblé intéressé. Est-ce une piste à explorer ?

 

C’est bien que le Premier Ministre regarde ce qui se passe en Suisse… Je pense que la France peut faire la même chose, non pas via un référendum, mais en passant par la loi. Je pense que les Français seraient favorables à ce que la rémunération des patrons d’entreprises où l’Etat a une participation soit plafonnée, comme pour les entreprises qui bénéficient d’aides publiques. Il est choquant et anormal que des entreprises qui touchent de l’argent public l’utilisent parfois pour verser des dividendes à leurs actionnaires, alors que des plans sociaux sont déjà prévus.

Tag(s) : #actualités nationales

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